Sous la pression, Rome double son plan d’austérité pour assurer l'équilibre dès 2013
Quelque 45 milliards d’euros supplémentaires en deux ans. C’est que le gouvernement italien espère faire rentrer dans les caisses de l’Etat en 2012 et en 2013. Initialement, en plus de la cure d’austérité de 48 milliards adoptée mi-juillet par le parlement, Rome prévoyait 20 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Le gouvernement est allé encore plus loin vendredi, en adoptant des mesures portant sur 25 milliards d’euros. L’Italie, qui supporte une dette de 1.900 milliards d’euros (120% du PIB), a promis à ses partenaires européens de revenir à l'équilibre budgétaire dès 2013 au lieu de 2014, contre un déficit prévu à 3,8% fin 2011.
L’adoption d’un décret d’urgence demain devrait permettre une mise en œuvre rapide des mesures envisagées. Parmi celles-ci figurent, et c’est une nouveauté, une «taxe de solidarité» pour les revenus les plus élevés. Le Premier ministre, Silvio Berlusconi, s’était toujours opposé jusqu’ici à toute hausse de la pression fiscale, mais la Ligue du Nord, son allié clé, l’a convaincu qu’il fallait trouver un équilibre entre sacrifices demandés aux plus riches et à la classe moyenne. Il a aussi promis une quinzaine de mesures pour économiser 8,5 milliards en deux ans sur le fonctionnement de l’Etat. Le plan d'économies prévoit également des coupes de 9,5 milliards d’euros en 2012 et 2013 dans les budgets régionaux et locaux. De quoi provoquer la colère des élus locaux.
Il y a dix jours, la Banque centrale européenne (BCE) avait conditionné son intervention sur le marché secondaire de la dette italienne à des efforts budgétaires supplémentaires. Depuis, et encore vendredi dernier, elle a racheté pour plusieurs milliards d’euros de titres italiens. Une intervention, couplée aux efforts budgétaires supplémentaires du gouvernement, qui ont permis de détendre un peu plus les taux italiens à 5,018% hier.
Pour les économistes, ces nouvelles mesures d’austérité risquent de ralentir encore un peu plus l’économie italienne. Ces dix dernières années, la croissance moyenne de l’Italie n’a pas dépassé 0,3% par an, ce qui en fait l’économie au développement le plus lent de la zone euro.
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