Société Générale Private Banking cède encore du terrain en vendant son entité japonaise
La Société Générale poursuit le recentrage de ses activités de banque privée, amorcé en 2012. Après avoir quitté Bahreïn, les Etats-Unis (hors Miami) et le Canada, le groupe français vend sa filiale japonaise de gestion de fortune à Sumitomo Mitsui Banking Corporation, l’une des branches du géant bancaire local Sumitomo Mitsui. La transaction, annoncée hier par les deux parties, porte sur 3,1 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) d’actifs sous gestion.
«Nous avons accepté une offre spontanée de Sumitomo, assure une porte-parole de Société Générale Private Banking (SGPB), qui gérait 87,9 milliards d’euros à fin mars 2013. Nous avons décidé de la saisir pour nous concentrer sur les centres d’expertise où nous sommes le mieux positionnés pour croître». C’est-à-dire l’Europe, l’axe Chine-Singapour et le Moyen-Orient.
Selon la Société Générale, la vente de SGPB Japon n’a pas été déclenchée par la sanction prononcée à son encontre par le régulateur japonais, à l’automne 2012. Outre l’arrêt de certaines activités de banque privée pendant un mois, en raison d’un système inadéquat de contrôle, la filiale a dû stopper durant trois mois ses opérations de corporate trusts (fiducie), à cause d’un défaut de vigilance à l’égard d’un fonds de pension.
Destiné aux clients institutionnels, le métier de corporate trust singularisait SGPB Japon, qui assurait être la seule banque étrangère à le pratiquer localement. Ces déboires ont peut-être influencé le prix de la transaction, égal ou supérieur à 10 milliards de yens (75 millions d’euros) selon la presse japonaise. Soit seulement 0,03% des encours, un montant non confirmé par la Société Générale.
La banque française clôt une aventure de 11 ans dans la gestion privée au Japon. Elle avait débuté en 2002 avec l’acquisition de Chase Bank Trust Japan et de ses 2,6 milliards d’euros d’encours, soit davantage qu’aujourd’hui. Entretemps, les effectifs locaux sont passés de 50 à 120 personnes. L’entité était dirigée depuis l’automne dernier par Laurent Debus, jusque-là patron de SG Corporate & Investment Banking (CIB) au Japon.
Quelques mois plus tôt, Jean-François Mazaud, l’un des piliers de SG CIB, avait repris en main l’ensemble de la banque privée et enclenché un vaste jeu de chaises musicales, en remplaçant notamment plusieurs responsables pays.
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