Snam ne ménage pas ses efforts pour son entrée sur le marché obligataire
Pour une première visite sur le marché obligataire, la facture se révèle corsée pour Snam (anciennement Snam Rete Gas), le premier fournisseur italien de gaz naturel. Le groupe milanais a lancé une émission obligataire à quatre ans pour un montant d’un milliard d’euros. Les titres, assortis d’un coupon de 4,375%, ont été mis à prix pour dégager un rendement supérieur de 340 points de base (pb) au taux de swap de référence. C’est plus de deux fois le spread moyen de 149 pb sur les obligations à cinq ans émises par des énergéticiens, tels que BP ou Gazprom, et contenues dans l’indice européen établi par Bank of America Merrill Lynch. L'émetteur est noté Baa1 par Moody’s et A- par Standard & Poor’s.
«En tant que nouvel émetteur, ils veulent une transaction couronnée de succès et pouvoir revenir sur le marché avec des émissions ultérieures», explique Michael Ridley, analyste crédit chez Mizuho International. Banca IMI, BNP Paribas, JPMorgan et UniCredit ont piloté l’opération qui aurait attiré des ordres à hauteur de presque 4 milliards d’euros. Selon l’une des banques impliquées, la société a décidé de retirer une deuxième tranche à 6 ans, malgré un retour positif de la part des investisseurs. Une mesure destinée à assurer le succès de l’opération et une performance positive sur le marché secondaire.
Pour Snam, cette opération se justifie par le dénouement de ses liens financiers avec Eni. Le géant italien a donné fin mai son feu vert à la cession d’une participation de 30% moins une action au profit de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), la Caisse des dépôts italienne. Cette descente à 20% du capital, qui doit gonfler les caisses d’Eni de 3,51 milliards d’euros environ, visait à répondre au souhait du gouvernement italien, sous la pression de Bruxelles, d’accroître la concurrence entre distributeurs de gaz. Or, Snam doit rembourser des prêts octroyés par son actionnaire de référence.
Dans ce contexte, l’entreprise a engagé un processus de souscription d’un crédit de 11 milliards d’euros, composé de plusieurs lignes et de maturités différentes, auprès d’un syndicat de onze banques. Des prêts relais à court terme doivent être repris par des émissions obligataires. Le divorce effectif entre Snam et Eni devrait survenir en octobre prochain.
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