Singapour offre une nouvelle passerelle pour l’internationalisation du yuan

HSBC et Standard Chartered ont émis hier les premières obligations libellées en renminbi à Singapour, qui vient concurrencer Taïwan et Hong Kong
Patrick Aussannaire

Singapour vient concurrencer Londres, Taïwan et Hong Kong dans la course qui les oppose pour devenir le centre financier de référence des échanges offshore en renminbi. HSBC et Standard Chartered ont ainsi été les premières banques à émettre hier des obligations libellées en yuan sur le marché singapourien, qui seront appelées «Lion City bonds», selon Matthew Cannon, responsable global des activités de marché chez HSBC à Singapour cité par le Financial Times. Un marché qui viendra ainsi concurrencer le marché des «dim sum bonds» à Hong Kong qui, avec 668 milliards de yuans de dépôts à fin mars dernier, attire actuellement 90% des opérations chinoises libellées en yuan réalisées à l’étranger.

HSBC a ainsi émis 500 millions de yuans (63 millions d’euros) d’obligations à 2 ans assorties d’un rendement de 2,25%, alors que Standard Chartered a offert un rendement de 2,625% pour un montant d’un milliard de yuans de titres émis à 3 ans. L’émission de Standard Chartered a attiré 75 investisseurs internationaux ayant proposé un total de 3 milliards de yuans d’ordres. DBS avait déjà annoncé la semaine dernière son intention de réaliser une émission de «Lion City bonds».

Des opérations qui correspondent au lancement effectué hier par ICBC, désignée banque des règlements en yuan à Singapour, des premières activités de services de compensation pour les banques présentes dans la Cité-État. «Nous pensons que Singapour captera une part importante des volumes d’échanges en yuan effectués hors de Chine», estime Aaron Russell-Davison, responsable de la syndication chez Standard Chartered.

«En tant que passerelle vers l’Asie du Sud-Est, Singapour constitue une plateforme pour Pékin qui facilite une utilisation plus large du renminbi dans les échanges entre Chine et l’Asie du Sud-Est», estime les analystes de DBS Vickers. En 2012, les exportations des pays de l’Asean vers la Chine ont atteint 195,8 milliards de dollars, un montant neuf plus important qu’en 2000 et qui représente 10,87% des échanges totaux de la Chine. «L’influence du renminbi continuant de croître dans la région, le règlement des échanges en renminbi ne sera pas seulement utilisé par Singapour mais également par ses partenaires commerciaux. C’est une bonne opportunité pour Pékin de promouvoir l’utilisation du renminbi dans les échanges commerciaux qui n’incluent pas la Chine, un élément clé pour devenir une monnaie internationale», ajoute DBS Vickers.

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