Siemens sème le trouble en révisant à la baisse ses objectifs 2008
Un audit a mis au jour un impact négatif d’au moins 900 millions d’euros. Une annonce qui porte un coup au segment des valeurs cycliques longues
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Benoît Menou
Une « étape douloureuse mais nécessaire » aux dires du PDG Peter Löscher. Siemens est effectivement tombé de haut hier, en concédant qu’un audit avait révélé un impact prévisible négatif sur les résultats du trimestre en cours de l’ordre de 900 millions d’euros.
Au sein de la division génération d’énergie fossile, affectée à hauteur de 600 millions d’euros, « l’accumulation d’un grand nombre de projets clés en main depuis 2004 a eu un impact négatif. La nouvelle exposition peut être attribuée aux changements structurels chez les fournisseurs et aux délais allongés de recrutement d’ingénieurs qualifiés », avance le groupe. Quant au pôle transports, concerné pour 200 millions, les difficultés sont issues des retards d’attribution pour divers projets « majeurs ». Enfin, Siemens a pâti au sein de l’activité des solutions et services informatiques, pour 100 millions, de « risques grandissants au Royaume-Uni, incluant notamment l’annulation d’un contrat important par un client ».
Pour les analystes de CM-CIC Securities, l’annonce de Siemens confirme des « difficultés structurelles et goulots d’étranglement » dans le secteur de l’énergie. Pas de doute pour le courtier, « la période d’euphorie sur les «cycliques longues» et le caractère défensif de Siemens et Alstom dans le secteur prend un coup très rude ».
« Nous nous attendons à ce que ce montant représente la majeure partie du fardeau de charges supplémentaires concédé en 2008 »,a avancé Siemens, se voulant rassurant sans pouvoir écarter l’hypothèse de nécessaires ajustements complémentaires.
Peter Löscher, qui a pris en main les destinées de Siemens l’an dernier, avait il y a un mois assuré que le ralentissement économique mondial n’avait visiblement pas touché le groupe. Souhaitant relever ostensiblement le niveau de rentabilité à moyen terme, le dirigeant n’avait pourtant pas exclu quelques « moments difficiles en cours de route ». Aux yeux de l’analyste de BHF Bank Jochen Klusmann, Siemens va faire face à « un problème de crédibilité ».
Pour autant, Siemens entend bien demeurer sur la voie d’une croissance rentable et a confirmé ses objectifs pour l’année 2010. Le groupe a promis des progrès décisifs en ce sens l’an prochain. Une promesse qui n’a pas totalement convaincu les opérateurs. Le titre Siemens a dévissé de 17,08 % hier à la Bourse de Francfort, entraînant Alstom dans sa chute (-8,54 %).
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