« Si les réponses européennes déçoivent, il y aura une rechute en récession »

Henri Delessy, économiste à La Banque Postale
Solenn Poullennec

L’Agefi : Pourquoi maintenez-vous à 1,5% votre prévision du taux refi de la BCE à six mois ?

Henri Delessy : Cette prévision correspond seulement au scénario que nous jugeons encore le plus probable: celui où la zone euro parvient à se remettre début 2012 sur le sentier de convalescence lente dont elle a déraillé depuis le printemps. Ce qui suppose avant tout que des réponses européennes suffisamment crédibles à la crise de la dette restaurent la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs. Dans cette hypothèse, la récession serait évitée, de justesse certes, et la BCE pourrait s’épargner de faire machine arrière sur le taux refi. Mais si les réponses européennes déçoivent, les interactions vicieuses entre difficultés économiques, budgétaires et du secteur financier reprendront et elles entraîneront une rechute en récession. Et dans ce cas, le taux directeur retournerait à sa case départ: 1%.

Quelle est votre réaction aux dernières décisions de la BCE ?

En attendant les réponses évoquées plus haut à la crise de la dette, la BCE s’efforce de contenir l’incendie. Celui-ci a gagné les banques cet été, en butte à une forte défiance des investisseurs et donc à un vif renchérissement de leurs financements de marché. D’où un risque grave de resserrement du crédit, susceptible d’ébranler un peu plus l’économie européenne. En réactivant ses refinancements illimités à un an et ses rachats directs d’obligations sécurisées, la BCE a fait ce qu’elle pouvait pour faciliter le refinancement des banques et leurs émissions de dettes sur le marché primaire, et soutenir ainsi l’offre de crédit.

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