Shinzo Abe marque des points dans sa lutte contre la déflation

La politique de yen faible a fait repasser l’indice des prix en territoire positif, à son plus haut depuis cinq ans. Mais il est trop tôt pour crier victoire
Alexandre Garabedian

Shinzo Abe, le premier ministre japonais, a promis de faire remonter à 2% dans deux ans l’inflation dans le pays. S’il est encore trop tôt pour juger du succès de cette politique économique audacieuse– «Abenomics» comme on la surnomme sur les marchés – le dirigeant a déjà respecté ses temps de passage.

L’évolution sur un an de l’indice des prix «core CPI» hors produits frais a bondi à 0,4% en juin contre 0% en mai, selon les statistiques de la Banque du Japon (BoJ) publiées le 26 juillet, dépassant le consensus des économistes. Il s’agit de la plus forte progression annuelle depuis novembre 2008. L’énergie et les éléments associés, comme le coût des transports, ont contribué à la hausse, mais celle-ci s’est aussi fait sentir dans d’autres domaines comme l’éducation ou l’habillement. L’indice CPI «core-core», qui exclut l’alimentation et l’énergie, reste cependant en territoire négatif, à -0,2% en juin, contre -0,4% en mai, mais atteint lui aussi son niveau le plus élevé depuis février 2009.

La dépréciation du yen, provoquée par l’annonce d’un assouplissement monétaire massif de la Banque du Japon, commence donc à produire ses effets en termes d’inflation importée. «La statistique devrait au moins laisser les investisseurs croire qu’Abenomics et son objectif de sortir le Japon de la déflation est atteignable», estime Derek Halpenny, patron européen de la recherche de marché chez Bank of Tokyo Mitsubishi-UFJ.

De là à prononcer la sortie définitive de la déflation et à entrevoir l’objectif des 2%, il y a cependant un pas. A la publication des statistiques, plusieurs économistes rappelaient la taille de l’output gap dans le pays et la faiblesse de la progression des salaires.

«Le CPI de juin confirme que le Japon est vraiment en train de surmonter la déflation. La prévision de la BoJ pour l’année fiscale en cours d’une progression annuelle de 0,6% (core CPI hors produits frais), qui semblait très lointaine à beaucoup, apparaît maintenant à portée de main, souligne Kiyoko Katahira, économiste chez SG CIB. Cependant, le facteur clé pour une inflation soutenue consiste à savoir si cette dernière sera accompagnée de hausses de salaires».

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