«Seuls des événements extrêmes pourrait faire remonter les taux allemands»
I. Vic-Philippe, responsable inflation duration core+, et M.-A. Allier, responsable gestion euro aggregate chez Amundi
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Violaine Le Gall
L’Agefi: Quel impact peut avoir l’idée de pacte de croissance de Mario Draghi sur le marché des taux?
Isabelle Vic-Philippe et Marie-Anne Allier: Compte tenu de la faiblesse des indicateurs avancés, prendre des mesures pour renforcer la croissance en zone euro fait sens. Les principaux bénéficiaires en seraient les pays en récession et cela renforcerait la cohérence de la zone euro. Il s’agit de briser les cercles vicieux entre austérité et contraction d’activité afin de permettre que la consolidation budgétaire ne soit pas incompatible avec l’expansion économique des pays. On en espère un apaisement et une convergence des taux: plus bas pour les périphériques et peut être plus élevés pour les pays cœur. En outre, les obligations privées ainsi que les indexées inflation bénéficieraient, elles aussi, de la baisse de l’aversion pour le risque.
Les craintes d’une nouvelle crise en zone euro peuvent-elles refaire passer les rendements allemands au-dessus des américains?
Pour l’instant, les crises de la zone euro ont pesé sur les taux allemands. Pour que cela s’inverse, il faudrait que les tensions sur la zone soient telles que la seule réponse politique pour la sauver soit une « garantie » (formelle ou via eurobonds) de l’Allemagne et des pays AAA sur l’avenir de l’euro. Aujourd’hui avec les actions de la BCE (LTRO entre autres), les mécanismes européens type FESF/MES, la probabilité de ce scénario est faible, comme le reflètent les niveaux de taux allemands actuels. Des événements extrêmes, comme la sortie d’un pays de l’euro ou l’abandon des politiques d’austérité, pourraient cependant comme fin 2011 contaminer l’Allemagne et faire monter ses taux.
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