Seuls 10 % des incidents de paiement sont liés à la trésorerie
Dans le débat actuel, une étude révèle que les non-paiements des entreprises résultent surtout de problèmes administratifs
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Olivier Decarre
Dans l’optique de la prochaine loi de modernisation financière, dont le raccourcissement des délais de paiement à 60 jours constituera un point clé, les rapports sur les pratiques de paiement des entreprises ont pris une importance toute particulière. En février, l’étude annuelle d’Altares révélait que les groupes français s’inscrivaient dans la moyenne européenne (12,1 jours contre 12,6 en Europe) en termes de retards de paiement (L’Agefi du 20 février).
Cette fois c’est la société de conseil LowendalMasaï qui s’est penché sur la question en s’intéressant plus particulièrement aux causes des incidents de paiement (sur la base de missions conduites entre 2004 et 2007). Les résultats ne manquent pas de surprendre. Certes, comme nombre d’intervenants, LowendalMasaï note que «les entreprises vont probablement avoir un besoin croissant de liquidités» du fait des réformes réglementaires et de la crise. Il n’empêche qu’en cas de non-paiement de la facture, «seuls 10 % des clients sont réellement dans l’impossibilité de payer».
Les raisons sont donc à chercher ailleurs. Les litiges, commerciaux ou concernant la qualité, apparaissent également assez rares puisqu’ils ne représentent que 8 % des cas. En revanche les « problèmes administratifs simples » représentent plus du tiers des incidents (38 %). « Entre l’achat et la facturation, la réalisation d’une prestation implique l’intervention d’une multiplicité de personnes qui ne se connaissent pas forcément et qui fonctionnent différemment, multipliant ainsi les incompréhensions et les oublis », explique l’étude. Pêle-mêle sont cités : les adresses de facturations erronées, les problèmes comptables ou les erreurs sur les numéros de commandes.
Plus étonnant encore, le cabinet ne détecte « aucune cause tangible » dans 33 % des cas. Principalement des oublis qu’une simple relance suffit alors à réparer.
LowendalMasaï distingue également des cas qu’il qualifie de « mauvaise foi » et qui représentent tout de même 11 % des non-paiements. Le client peut par exemple invoquer des problèmes de trésorerie inexistants. « Le refus de payer, non justifié, constitue parfois un moyen de pression pour obtenir de son fournisseur une réponse à une requête », explique aussi l’étude. Reste un dernier chiffre inquiétant : « 85 % des directeurs administratifs et financiers interrogés ignorent les causes de non-paiement de leurs factures ».
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