Sabine Lautenschläger pose ses conditions à des rachats d’actifs par la BCE
Membre du directoire de la Banque centrale européenne, Sabine Lautenschläger a esquissé lundi lors d’un discours prononcé à Hambourg les circonstances dans lesquelles l’institut de Francfort pourrait procéder à un programme de rachats d’actifs. Cela fait effectivement partie de l’arsenal de la BCE, a-t-elle reconnu, mais les critères pour y avoir recours devraient être «particulièrement stricts».
«On devrait à mon avis prendre cet instrument en considération seulement dans le cas d’une urgence réelle, par exemple en cas de perspective immédiate de déflation», a-t-elle déclaré. Et l’ancienne vice-présidente de la Bundesbank d’ajouter : «De tels risques, cependant, ne sont pas actuellement perceptibles et nous ne les prévoyons pas». Il s’agissait du premier discours majeur de Sabine Lautenschläger en matière de politique monétaire depuis son arrivée au directoire de la BCE en janvier dernier.
Présent ce week-end aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a estimé que «le risque de déflation (paraissait) avoir été évité», bien que les évolutions de prix restent trop basses. L’inflation en zone euro a été inférieure à 1% pendant neuf mois, comparé à un objectif tout juste sous les 2% fixé par la BCE. Sur la question des rachats d’actifs, celui qui siège également au Conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré au journal Investir que cela pouvait se faire «dans le respect du mandat de la stabilité des prix», tout en avertissant qu’il ne fallait pas «s’illusionner sur son efficacité».
Pour Sabine Lautenschläger, l’impact du nouvel effort de stimulus mettra du temps à apparaître et il sera essentiel de mesurer l’usage des opérations ciblées de refinancement à plus long terme (TLTRO) qui débuteront en septembre. «La patience est une vertu», souligne-t-elle. «Des mesures telles que les TLTRO prendront plus de temps avant qu’elles ne montrent leur effet. Je pense plutôt à l’année prochaine qu'à celle-ci», ajoute-t-elle.
Sur la question d’un programme d’achats d’ABS par la BCE, elle considère que cela peut être un «but valable» dans la mesure où il injecterait de la liquidité dans le système financier, mais elle se dit dans le même temps «sceptique» s’il revient à transférer le risque de crédit des banques à la BCE.
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