S&P menace le Portugal d’une nouvelle dégradation de note
Standard & Poor’s a prévenu mercredi le Portugal qu’il pourrait subir un nouvel abaissement de sa note de crédit, plaçant celle-ci sous une surveillance négative qui pourrait durer bien moins longtemps qu’habituellement. La note souveraine BB du Portugal a été placée sur la liste négative «CreditWatch» (surveillance), ce qui signifie que la décision de l’agence sera connue sous 90 jours.
«Le placement en CreditWatch reflète l’opinion qui est la nôtre, selon laquelle il y a de plus en plus de risques qui pèsent sur les objectifs ambitieux de consolidation budgétaire du Portugal et qu’il y a de plus en plus de risques de non-conformité avec l’actuel programme UE-FMI», dit l’agence dans un communiqué.
Le pays est resté à l’écart du mouvement de convergence des rendements en zone euro qui a bénéficié à l’Italie et surtout à l’Espagne ces derniers mois. Hier, ses taux à 10 ans atteignaient encore 7,05%, un niveau incompatible, s’il devait en rester là, avec l’objectif de retour complet sur les marchés fixé mi-2014. A l’instabilité politique s’ajoutent les décisions de la Cour constitutionnelle, qui a censuré déjà trois mesures d’économies décidées par le gouvernement. Le ratio de dette/PIB continue à se dégrader, et le déficit est censé passer de 5,5% cette année à 4% en 2014.
A sa décharge, Lisbonne a dû consentir un gros effort, le programme d’aide du FMI, de la BCE et de l’Union européenne prévoyant un ajustement budgétaire structurel de 10 points de PIB en trois ans. Alors que la Troïka a entamé cette semaine une nouvelle mission de suivi du programme, le gouvernement portugais réclame de desserrer la contrainte. Il espère aussi obtenir une ligne de crédit de précaution à l’issue du programme, en mai 2014, pour accompagner son retour total sur les marchés.
Un retour que les économistes jugent aujourd’hui peu probable dès 2014, compte tenu de la défiance des investisseurs. «Le Portugal aura besoin d’un soutien financier au-delà de cette date», estime Marco Protopapa, chez JPMorgan. Celui-ci préconise un plan de soutien jusqu’à fin 2015 – année d’élections –, avec une enveloppe estimée à moins de 30 milliards d’euros et qui serait apportée par le seul Mécanisme européen de stabilité, sans le FMI.
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