S&P fragilise un peu plus les fondations européennes en dégradant l’Italie
La zone euro au pied du mur. S&P a abaissé d’un cran hier à «A» la note de crédit de l’Italie, et conserve une perspective négative sur la croissance future. L’agence met en avant la fragilité de la coalition de Silvio Berlusconi et les divergences au sein du Parlement qui continueront de restreindre la capacité du gouvernement à réagir face à un environnement tendu. L’adoption du plan d’austérité prévoyant 59,8 milliards d’euros avec l’objectif de ramener le budget à l'équilibre en 2013 et de stabiliser la dette qui pèse 120% du PIB, n’y a rien fait. S&P estime queces mesures «ne contribueront sans doute guère à stimuler sa performance économique, surtout dans un contexte de resserrement des conditions financières et en raison du programme d’austérité budgétaire du gouvernement».
La réactivation du programme SMP par la BCE avait permis de maintenir les taux italiens sous 5.50%, au prix de 80 milliards d’euros de rachats. Le ralentissement des rachats la semaine dernière a ravivé les tensions, avec un taux 10 ans à 5,59% hier, soit un spread de 379 bp avec le Bund allemand. Le CDS a atteint 488 bp. L’Etat italien a couvert environ 77% des émissions de dette prévues pour 2011 et devrait émettre 100 milliards d’obligations à court terme d’ici la fin de l’année.
De quoi relancer le débat sur la mutation de l’EFSF en banque qui pourrait refinancer ses achats de bonds sur le marché secondaire en les prêtant en repo à la BCE comme le font les banques. Si Natixis estime que cela lui permettrait à l’EFSF de disposer d’environ 3 trillions, un levier de près de 10 sur sa capacité actuelle de prêt résiduel, «encore faudrait-il que l’EFSF ait des moyens d’agir».
L’euro baissait de 0,5% ce matin à 1,3615 contre dollar.
Mais une autre menace se fait jour. Selon la presse locale, le gouvernement grec envisagerait un référendum sur le maintien du pays dans la zone euro. Si le but est d’obtenir un vote de confiance pour faire passer les mesures d’austérité, le pari est risqué car la gronde est forte dans la population. En l’état actuel des traités, seul l’article 50 du Traité du Lisbonne prévoit qu’un Etat puisse se retirer de son plein gré de l’Union. La Grèce devrait donc quitter l’Union et dire adieu aux précieux fonds structurels. Et le coût de sortie et de défaut seraient astronomiques. Le marché actuel price 100% de défaut à horizon six ans et les taux proposés à cet horizon sont de près de 40%.
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