S&P donne un an à la France pour faire des réformes structurelles
Standard and Poor’s attend du gouvernement français qu’il mette en œuvre une refonte du marché du travail et du secteur des services au cours de l’année prochaine. Sans quoi, l’agence de notation pourrait abaisser la note à long terme du pays. Vendredi dernier, S&P a maintenu cette dernière, fixée à AA+ depuis presque un an, tout comme la perspective négative.
Même si la France a une chance sur trois de voir sa note abaissée l’année prochaine, l’annonce de S&P a laissé les marchés sereins, comme l’avait fait la dégradation par Moody’s. Les taux de la dette d’Etat à 10 ans se détendaient vendredi de 2 points de base à 2,15%. «2013 paraît encore assez loin pour de nombreux investisseurs qui s’interrogent plutôt sur l’avenir de la Grèce et de l’Espagne», justifie Cyril Regnat, stratégiste chez Natixis.
Le ministre de l’économie, Pierre Moscovici a réaffirmé «la résolution du gouvernement à mener à bien les ambitieuses réformes en cours et à poursuivre le redressement de l’économie», abondant dans le sens de S&P qui dit avoir maintenu sa note, convaincue que des «réformes supplémentaires seront mises en œuvre à court terme». Pour S&P, les rigidités du marché du travail, une concurrence «relativement restreinte dans certains secteurs des services» et une fiscalité élevée ont eu pour conséquence une «érosion significative de la compétitivité ».
L’agence estime que les mesures adoptées, comme le récent crédit d’impôt sont «utiles», mais «elles ne suffiront pas à libérer le potentiel de croissance économique de manière significative». Une nouvelle détérioration des perspectives de croissance pourrait aussi justifier une dégradation en 2013. L’agence pense que le PIB de l’Hexagone progressera de 0,4% l’année prochaine (contre 0,8% attendu par le gouvernement). Le déficit tomberait donc à 3,5% (contre 3% ) et la dette passerait au-dessus de 91% du PIB, avant de se stabiliser.
Si, en dépit de l’engagement du gouvernement à réduire les déficits, ceux-ci «restent proches des niveaux actuels» et la dette publique progresse au-delà de 100% du PIB, S&P pourrait aussi dégrader la note française. Enfin, le dernier risque pour cette dernière, serait que la crise européenne conduise à «une augmentation substantielle des engagements conditionnels de la France ou à une détérioration significative des conditions de financement extérieur».
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