S&P dégrade son appréciation des instruments de dette hybride bancaire
L’agence va réajuster la note de ces instruments afin qu’elle se situe au moins trois crans en dessous de la note sous-jacente de la banque
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Patrick Aussannaire
Les instruments de dette hybride bancaire sont dans le collimateur de Standard & Poor’s. La semaine dernière, l’agence a invité les investisseurs à lui soumettre leurs remarques concernant un changement de sa méthodologie de notation des obligations tier 1 et tier 2 émis par les banques. Les investisseurs ont jusqu’au 31 mars pour transmettre leurs commentaires sur ce changement, qui s’appliquera uniquement aux dettes hybrides émises par les banques, avec effet rétroactif sur les anciennes émissions, et épargnera les titres émis par les compagnies d’assurance ou les entreprises.
Si la liste des instruments concernés n’a pas été communiquée, la démarche de S&P se traduira par un réajustement de la note de l’ensemble des dettes tier 1 bancaires de manière à ce qu’elle se situe au moins trois crans en dessous de la note sous-jacente de la banque (« stand-alone credit profile », ou «SACP»), sauf dans le cas d’un risque de défaut imminent. «De ce fait, S&P pourrait dégrader d’un cran les dettes tier 1 qui sont actuellement notées deux crans en dessous de la note SACP, ce qui concerne actuellement 65% des émissions analysées», estime Aurel BGC.
En revanche, le traitement des notes attribuées aux dettes tier 1 hybrides qui sont déjà notées trois crans en dessous de la note «SACP» voire plus, ainsi que celui des notes attribuées aux instruments tier 2, est plus incertain.
L’agence de notation explique sa démarche par le fait que «les régulateurs internationaux s’attendent à ce que les instruments de capital hybride émis par les banques absorbent les pertes à un stade plus avancé qu’auparavant», et que les risques pour les détenteurs de ces instruments «ont progressé du fait de la période d’intervention des régulateurs dans les banques en difficulté qui est devenue moins prévisible».
Les exemples de SNS Reaal aux Pays-Bas et de Co-Operative Bank au Royaume-Uni sont notamment mis en avant pour traduire les risques accrus de suspension de coupons ou de participation aux pertes des détenteurs de ce type d’obligations. «Il existe un risque accru que les régulateurs réclament aux banques de suspendre les coupons bien avant que le seuil de déclenchement de la convertibilité en actions ne soit atteint ou les titres dépréciés», estime Sean Cotten, analyste chez S&P. Il balaie néanmoins tout risque sur les prix de ces titres qui bénéficient d’un «fort marché haussier».
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