S&P accentue la marginalisation du Fonds européen de stabilité
Au fil des semaines, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) perd de sa superbe. Dernier coup de canif dans l’édifice: la mise sous surveillance par S&P des six pays «triple A» de la zone euro qui permettent au FESF de bénéficier du précieux sésame. Dans la foulée, l’agence a mis aussi sous perspective négative le fonds encore présenté fin octobre comme le sauveur de la zone euro. Il pourrait ainsi être dégradé d’un ou deux crans, «au niveau le plus bas des pays aujourd’hui notés AAA».
Le Fonds de stabilité bénéficie de la note maximale grâce à une structure complexe. Il est garanti par les Etats, et ne prête qu’après avoir mis de côté une réserve de cash et un coussin de sécurité, tous deux investis dans des actifs AAA. Revers de la médaille, la dégradation d’un pays affecte à la fois ses garanties, et les titres d’Etat qu’il détient dans son matelas de sécurité.
La perte probable de son triple A relègue désormais le FESF à un rôle de second plan dans la résolution de crise. Déjà, l’effet de levier potentiel promis lors du Sommet européen du 26 octobre a été revu en baisse. Privé d’accès à la BCE, le Fonds ne pourra sans doute pas atteindre la capacité d’intervention de 1.000 milliards d’euros que les responsables européens lui promettaient. Quant à sa durée d’intervention, elle vient d’être réduite. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont en effet annoncé lundi leur volonté d’avancer à 2012 la mise en place du Mécanisme européen de stabilité, successeur désigné du FESF et qui sera, lui, un établissement de crédit. Dans l’intervalle, la BCE reste donc la seule digue face à la crise.
Une dégradation du FESF pourrait aussi influer sur le plan de participation du secteur privé à la réduction de la dette grecque. Dans ces négociations, toujours en cours, Athènes propose à ses créanciers des titres FESF en garantie. «Que le papier soit AAA ou AA+, les créanciers n’ont pas trop le choix, nuance un analyste. Mais ils pourraient désormais privilégier l’option qui leur offre le plus de cash».
Faut-il garder une structure qui oblige le FESF à avoir 780 milliards de garanties pour pouvoir prêter à hauteur de 440 milliards? «En cas de dégradation, on pourrait repenser la sur-collatéralisation qui a été mise en place pour que le Fonds bénéficie dès l’origine d’un AAA, notait hier Laurent Fransolet, stratégiste taux chez Barclays Capital. Cela pourrait changer sa capacité effective», en l’augmentant.
Plus d'articles du même thème
-
Les trésoriers d'entreprise doivent concilier nouvelles technologies et visibilité du cash
Dans son enquête 2026, l'association européenne des trésoriers d'entreprises (EACT) pointe l'importance croissante de la visibilité des flux de trésorerie, de financement, et du besoin en fonds de roulement qui coexistent avec une accélération des transformations technologiques. -
Entrepreneur Invest lance le sixième millésime de sa gamme Entrepreneurs & Croissance
Le gérant non coté structure un FPCI éligible au remploi de l'article 150-0 B ter du CGI qui investira dans des actions ou des obligations de petites et moyennes entreprises en France. L'objectif de rendement annualisé a été fixé à 8%. -
Euroclear et Franklin Templeton étendent leur coopération aux marchés privés
Euroclear poursuit ses collaborations pour renforcer sa plateforme de distribution de fonds Euroclear FundsPlace (ex-MFEX). L’infrastructure de marché, spécialisée dans les services post-marché, a étendu sa collaboration avec le gestionnaire d’actifs américain Franklin Templeton aux marchés privés. Les stratégies de Franklin Templeton en non coté, dette privée et immobilier seront ainsi distribuées via Euroclear FundsPlace. D’autres asset managers comme Ares ont noué un partenariat similaire avec Euroclear, qui compte quelque 3.000 distributeurs de fonds sur sa plateforme et environ 250.000 fonds référencés. Parmi ces fonds, plus 20.000 sont des fonds alternatifs distribués par plus de 500 gérants. -
Fonds européen de défense : transformer une complexité en avantage industriel
Faire de cet outil européen, puissant mais exigeant, un avantage industriel réellement accessible aux entreprises, et notamment aux PME, impose d'en maîtriser la logique, estiment Solenne Desprez-Braun et Serge Monturet, du cabinet F.Initiatives. -
Un co-directeur des investissements de Millennium Management part à la retraite
Paul Russo, co-directeur des investissements du hedge fund Millennium Management, va prendre sa retraite à la fin de l’année, selon les informations de Bloomberg, citant des sources anonymes. -
CMA CGM s’offre une filiale de FedEx pour 1,4 milliard de dollars
Le géant du transport maritime se renforce encore dans la logistique en reprenant FedEx Supply Chain. De quoi tripler de taille dans le domaine aux Etats-Unis.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Petite mortCastex, Barnier, Braun-Pivet, ... que c'est dur de renoncer à être candidat !
Mercredi, le président-directeur général de la SNCF, Jean Castex a affirmé qu'il n'était pas candidat, enfin pour le moment. Ils sont plusieurs comme lui à ne pas vouloir fermer la porte -
Coût du travail, multinationales, industrie… Les délocalisations ne ralentissent pas, alerte l’Insee
Entre 2021 et 2023, en France, entre 7 500 et 13 000 postes ont été directement supprimés à la suite de délocalisations, annonce l’Insee -
Italie : la droite veut assouplir les règles sur la chasse
Le gouvernement de Giorgia Meloni, qui souhaite ainsi cajoler un électorat rural et vieillissant, pousse une réforme controversée de la chasse, sous la surveillance de Bruxelles