Russell Investments lance son premier fonds géré en France
Pour percer sur le marché institutionnel français, Russell Investments France mise sur une forme originale de multigestion. Plutôt qu’un classique fonds de fonds, le gestionnaire américain a fait enregistrer fin décembre son fonds de mandats multiclasses d’actifs. Baptisé Multi Asset Growth Strategy, ce produit Ucits est le premier lancé par sa toute nouvelle société de gestion française, agréée en mars dernier. Depuis 18 ans, le groupe avait seulement un bureau de représentation à Paris.
Lancé il y a trois ans à Londres, son fonds de mandats est désormais co-géré en France par Alain Zeitouni, arrivé de Barclays Wealth fin 2011 avec un jeune collègue. A charge pour eux de suivre «la cinquantaine de gérants à qui nous avons confié une partie de notre portefeuille», explique Michaël Sfez, directeur général de Russell France. Celui-ci rappelle : «Nous n’avons pas de gestion en propre mais une soixantaine d’analystes au niveau mondial», chargés de la sélection des gestionnaires.
Reste à convaincre les institutionnels français de souscrire ce produit qui affiche seulement 1,4 milliard d’euros d’encours, ou de confier des mandats sur-mesure à Russell. «Le lancement de notre société de gestion nous a permis d’être beaucoup plus sollicités sur les appels d’offres», assure Michaël Sfez. Dans la multigestion, «nous avons des concurrents comme BlackRock (numéro un mondial de la gestion d’actifs, ndlr) mais [il] n’a pas de société de gestion aujourd’hui à Paris, cela nous avantage, poursuit le patron de Russell en France. Les sociétés de gestion françaises ont également développé des pôles de solutions grâce au recrutement d’équipes de banque d’investissement, mais nos solutions ne sont pas des produits structurés».
A l’échelle mondiale, Russell affiche 161 milliards de dollars d’encours et ses services de conseil couvrent 2.400 milliards de dollars d’actifs. En France, le groupe américain gère 3,3 milliards d’euros, contre 2,9 milliards en mars dernier. Il y a collecté 400 millions d’euros en net en 2012, au lieu des 500 millions escomptés: sur les 250 millions gérés à Londres pour des clients français, seuls 150 millions lui ont pour le moment été transférés.
Pour grossir, la société de gestion mise aussi sur des distributeurs comme le Crédit du Nord, partenaire de longue date pour lequel il travaille à un nouveau fonds actions.
Plus d'articles du même thème
-
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit une revue des actions du secteur dans la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure. -
Les fonds actions des marchés émergents signent leur deuxième plus importante collecte hebdomadaire
Les fonds actions axés sur les marchés émergents ont attiré 29,6 milliards de dollars d’entrées nettes sur la semaine, d’après le Flow Show de Bank of America. -
La roupie indienne reste en mauvaise posture
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsLe marronnier fiscal, ou le retour de la saison des impôts
La solution promue (l’intervention de l’Etat) étant en réalité la cause des problèmes. Ce sont les contraintes et les charges sans cesse imposées sur le marché du travail et l’activité économique qui grèvent les progressions salariales -
Eté chargéGabriel Attal accélère sa campagne, mais patine dans les sondages
Le candidat Renaissance est le seul prétendant à l'Elysée à charger autant son agenda jusqu'à fin août. Pendant trois jours, en Bretagne, il a donné un avant-goût de ce que sera une saison estivale censée le rapprocher d'Edouard Philippe -
MassueComplémentaires santé : les cotisations vont encore en prendre un coup
L’Assurance maladie va basculer des dépenses vers les organismes complémentaires, estimées à 1,4 milliard d’euros l’année prochaine. Ce qui n’augure rien de bon pour les tarifs des contrats individuels et collectifs, déjà tirés à la hausse ces dernières années