Rome tente de convaincre les marchés de la solidité de l’Italie
Silvio Berlusconi a appelé hier à la mise en place d’un plan d’action immédiat pour relancer l’économie. Les taux se sont à peine détendus
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Tân Le Quang
Silvio Berlusconi est décédé le 12 juin
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Photo Bloomberg
En dépit du second plan de sauvetage de la Grèce, de son plan d’austérité budgétaire et du soutien de Bruxelles, l’Italie peine à convaincre les marchés de sa capacité à redresser ses finances et son économie. En témoigne l’envolée ces derniers jours de son coût de financement. Ces craintes ont poussé le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, à intervenir publiquement hier devant la Chambre des députés à Rome, pour tenir un discours plus clair sur la résolution de la crise. Le Premier ministre a qualifié de «solides» les fondamentaux économiques de l’Italie et a jugé «solvables» et «bien capitalisées» les banques italiennes.
Reprochant aux marchés ne pas avoir bien estimé la solidité du pays à cause de la crise de confiance actuelle, il a remarqué que son pays a récemment été capable d’adopter dans l’urgence un plan d’austérité de 70 milliards d’euros qui permettra d’équilibrer le budget d’ici à 2014 et que les projets d’infrastructures dans les régions pauvres du sud de l’Italie aideront à promouvoir la croissance.
Au regard de la réaction violente des marchés, le temps presse pour Silvio Berlusconi. Celui-ci a d’ailleurs appelé à la mise en œuvre d’un «plan d’action immédiat» pour relancer l’économie et surtout pour répondre aux inquiétudes des marchés. Pour autant, aucune nouvelle mesure concrète n’a été annoncée hier. Auparavant, le ministre des Finances, Giulio Tremonti, avait rencontré au Luxembourg le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Le directeur du Trésor, Vittorio Grilli, s’est envolé vers l’Asie pour rencontrer de potentiels acquéreurs de dette italienne. En revanche, le stress sur la dette transalpine laisse apparemment toujours de marbre la Banque centrale européenne. Celle-ci n’a toujours pas effectué de nouveaux achats de titres d’Etat. La mobilisation de Rome s’est traduite par une détente de seulement 4 pb à 6,08 des taux italiens à 10 ans. Le spread contre Bund est ressorti à 368 pb, contre 371 pb la veille. Selon Barclays, le discours de Silvio Berlusconi «ne change pas la perception du marché».
De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a jugé injustifiée la réaction des marchés, a également appelé à la «mise en œuvre rapide» des décisions prises le 21 juillet afin «d’envoyer une signal sans ambiguïté» montrant que la zone euro va résoudre la crise de la dette souveraine avec les moyens adaptés à la gravité de la situation.
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