Recapitalisation bancaire directe : Paris énonce ses principes
Entamées lundi soir, les discussions de l’Eurogroupe sur la recapitalisation directe par le Mécanisme européen de stabilité (MES) en sont restées au stade des principes. «La priorité pour la France, est de ne pas se contenter d’avoir un mécanisme faible, illisible, impraticable, verrouillé», a souligné Pierre Moscovici, le ministre français de l'économie. Il a réitéré le mandat du Conseil européen de juin 2012 qui avait appelé à la mise sur pied d’un mécanisme unique de supervision bancaire sous l’égide de la BCE avec, «en parallèle», un processus de recapitalisation directe de banques de la zone euro qui devra, selon lui, être «évolutif, ambitieux et flexible» et aussi agir «a posteriori».
Le ministre n’a pas souhaité entrer dans les détails notamment sur la nécessité, réclamée par le ‘gang des pays notés AAA’, que le pays où est installée la banque à recapitaliser continue de supporter une partie de la responsabilité liée à l’aide financière. «Cela ne peut pas être un chèque en blanc. Une partie du dispositif sera prise en charge au niveau national», reconnaît-on néanmoins dans son entourage. La prise en compte des négociations en cours relatives au superviseur bancaire européen serait également de nature à compliquer les discussions.
Le nouveau président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a aussi évoqué la question de la rétroactivité qui permettrait aux banques ayant déjà connu des difficultés de bénéficier d’une aide du MES. L’Irlande et l’Espagne, susceptibles d’en bénéficier, ont plaidé dans ce sens. Mais l’Autriche a refroidi leurs ardeurs. «On ne peut pas empiler les charges sur les contributeurs nets même si les États en difficulté aimeraient que cela aille plus vite. Vous ne pouvez pas dire que, parce qu’il y a un accord sur la supervision unique, la recapitalisation directe est possible. Cela ne pourra pas se réaliser sans conditionnalité ni implication des États (d’origine)», a considéré sa ministre, Marianne Fekter. Ces travaux se poursuivront dans le but d’aboutir, d’ici juin, à l’élaboration de lignes directrices du fonds de sauvetage de l’Eurozone.
Pierre Moscovici a, par ailleurs, confirmé que la France présenterait une candidature à la présidence du comité de supervision bancaire qui sera créé au sein de la BCE, en l’occurrence celle de Danièle Nouy, actuelle secrétaire générale de l’ACP à la Banque de France. «Nous avons une candidate, ce n’est pas un mystère, j’espère qu’elle convaincra», a-t-il indiqué, refusant de voir dans cette candidature une quelconque «contrepartie» à la nomination de M. Dijsselbloem.
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors. -
Acadian Asset Management muscle ses effectifs en Asie
La société de gestion systématique poursuit son expansion régionale avec trois nominations à Singapour. -
Nvidia multiplie les initiatives pour étendre son hégémonie aux différents marchés de l'IA
Le géant des puces investit et noue des partenariats afin de se rendre incontournable au sein de l'écosystème de l'intelligence artificielle. -
Le yen reste sous pression
Retrouvez comme chaque semaine le tour d'horizon du marché des changes par DeftHedge.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Aymeric Oudin (Adereim) «Le logement ne peut plus être considéré comme un placement passif»
- H2O AM boucle la liquidation des actifs de ses fonds cantonnés
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger