Le fonds Melvin Capital capitule chez GameStop
Les boursicoteurs ont fait plier les hedge funds. Melvin Capital, le fonds d’arbitrage qui avait vendu à découvert l’action de l’enseigne GameStop (propriétaire de Micromania), a décidé mercredi de prendre ses pertes après avoir perdu la bataille qui l’opposait à des traders particuliers aux Etats-Unis.
L’action GameStop fait depuis plusieurs jours l’objet d’une lutte entre les fonds spéculatifs, qui pariaient sur sa baisse avec des positions à découvert, et les investisseurs particuliers, qui se ruent sur les options d’achat. Vers 17h00, le titre du distributeur de jeux vidéo bondissait encore de 150% à Wall Street, à 368 dollars. Il valait moins de 65 dollars le 22 janvier à la clôture.
Un autre vendeur à découvert, Citron Research, a indiqué mercredi dans une video qu’il avait coupé une position vendeuse annoncée la semaine dernière, en rachetant les actions autour de 90 dollars. Citron avait parié que l’action GameStop descendrait à 20 dollars.
Pour Melvin Capital, la perte des trois premières semaines de l’année oscillerait autour de 3,75 milliards de dollars, selon le FT. Le fonds a dû appeler à la rescousse ses rivaux Citadel et Point72, qui lui ont apporté 2,75 milliards de dollars de cash.
Les hedge funds ont été pris à revers par une coalition de traders très actifs sur un forum de discussion de Reddit. L’un d’eux avait identifié il y a plusieurs mois l’importance des positions vendeuses de Melvin Capital, largement supérieures à 100% du flottant de GameStop. Ces investisseurs particuliers ont acheté massivement des options d’achat (calls) qui ont fait mécaniquement grimper le cours de l’action. Ils sont aussi soutenus par des fonds spéculatifs ou des milliardaires positionnés à la hausse. Ces acteurs ont ainsi organisé un short squeeze, situation dans laquelle les vendeurs à découvert sont obligés de racheter les actions à n’importe quel prix afin de couvrir leurs positions.
L’affaire GameStop, qui intervient sur fond de marchés boursiers haussiers, a mis sous le feu des projecteurs les positions vendeuses des hedge funds. Ceux-ci ont commencé à réduire d’autres paris à la vente, y compris en Europe, ce qui alimentait mercredi un rebond des actions de foncières comme Klépierre et Unibail-Rodamco-Westfield.
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