Quelle clarification à Bercy ?
Sept ministres à Bercy, c’était trop. Mais à deux, la tâche sera-t-elle plus aisée ? Au vu des intitulés de ses deux nouveaux locataires, on peut en douter. La situation s’annonce instable. Tous deux seront de rang égal, d’où une position naturellement conflictuelle à l’heure de délimiter leurs autorités respectives sur des services essentiels.
Certaines directions relèveront naturellement de l’un ou de l’autre, comme le budget ou les finances publiques pour Michel Sapin, la concurrence ou l’Insee pour Arnaud Montebourg. Mais d’autres, en particulier la direction du Trésor, promettent des arbitrages virils. Cette direction est la tour de contrôle de l’économie et son efficacité reconnue est un atout précieux. Or plusieurs de ses services-clés touchent aux deux ministres : le service des politiques macroéconomiques et des affaires européennes par exemple, où l’économique et le budgétaire sont inextricablement imbriqués. Si Michel Sapin devrait représenter la France aux négociations avec Bruxelles, trouver une même ligne sur les sujets européens avec son alter ego sera de la haute voltige.
Autre pomme de discorde possible : le service du financement de l’économie, où se trouve tout le secteur financier et de l’épargne. Des co-tutelles sont certes toujours possibles, mais aucun des ministres n’ayant autorité pour trancher, les désaccords pourraient vite prendre une tournure aiguë, au risque d’exposer le sommet de l’Etat et de fragiliser une administration-clé.
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