Que pourrait faire la BCE en cas de sortie de la Grèce de l’euro ?
Pour les Grecs, une sortie de l’euro tournerait au cauchemar: une dépréciation de 50 à 60% de la monnaie déclencherait une vague d’inflation de 20 à 30% ; la récession atteindrait -15 à -20% du PIB la première année ; sans soutien de la BCE et instauration d’un contrôle des capitaux, les banques grecques succomberaient au retrait des dépôts.
Pour la zone euro, les pertes seraient plus lourdes côté public : des pertes partielles ou totales concerneraient les 53 milliards d’euros versés par l’Union européenne lors du premier plan d’aide ; au moins 40 milliards versés par le Fonds de stabilité FESF au titre du second plan ; 45 milliards estimés d’obligations grecques achetées par la BCE et probablement encore 11 milliards détenus par les autres banques centrales. L’Eurosystème pourrait aussi ne pas revoir tout ou partie des 104 milliards d’euros ouverts sur le compte Target2 de la banque centrale grecque.
Côté privé, les banques étrangères ne détiennent plus que 62 milliards d’euros de dette grecque, largement provisionnée. Le capital physique détenu par les entreprises et les ménages européens en Grèce se limite à 3 milliards.
Reste l’effet que l’événement pourrait déclencher quant à la capacité des autres pays de la zone euro en difficulté à se sortir de l’étau des marchés. Il est largement imprévisible. Et c’est là que la BCE aurait un rôle à jouer. Baisser les taux est possible mais aurait un impact immédiat marginal. Réactiver le SMP (rachats) serait facile, mais on peut penser que la BCE, échaudée par les pertes réalisées, ne le privilégie pas. Au contraire, on peut imaginer une nouvelle LTRO (injection de fonds) pour pallier le fait que les investisseurs privés répugnent encore plus les dettes périphériques. Ceci ne marchera cette fois que si une licence bancaire est donnée à l’ESM (mécanisme de stabilité). Il pourrait alors se refinancer auprès de la BCE pour acquérir directement les titres de dettes menacés. Une LTRO sans associer l’ESM, avant juillet, serait très probablement inefficace.
{"title":"","image":"78360»,"legend":"gr\u00e8ce et sortie de la zone euros»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La cour d'appel ouvre la voie à un nouvel épisode du feuilleton Vivendi-Bolloré
La cour d’appel de Paris, cour de renvoi, a apporté la même réponse que l’Autorité des marchés financiers en novembre 2024 au dossier Vivendi-Bolloré, se bornant à une stricte lecture des textes, sans se prononcer sur les possibles lectures du contrôle de fait ouvertes par la Cour de cassation. -
Les prochains jours seront cruciaux pour la restructuration de Casino
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences. -
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse. -
La faiblesse du yen ne se dément pas
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains. -
BPCE rachète à Arkéa l'agence immobilière en ligne Liberkeys et le développeur Izimmo
Ces deux acquisitions s'inscrivent dans la stratégie du groupe visant à devenir un intermédiaire incontournable dans l'immobilier. -
En quatre ans, HR Path fait l'objet d'un deuxième fonds de continuation chez deux actionnaires successifs
Menée par Ardian, la nouvelle transaction valorise le groupe de conseil RH à près d'un milliard de dollars. L'opération a attiré plus de 30 investisseurs internationaux, emmenés par Eurazeo.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?