Porto Rico restructure une partie de sa dette grâce à la titrisation
Porto Rico fait un premier pas vers la restructuration de sa dette. Puerto Rico Electric Power Authority (Prepa), la compagnie publique d’électricité de l’île, a annoncé hier la signature d’un accord avec un groupe «ad hoc» de créanciers obligataires représentant environ 35% de ses obligations en circulation. Prepa affiche 8,3 milliards de dollars de dette au compteur. L’ensemble de la dette de Porto Rico et de ses agences publiques atteint 72 milliards de dollars.
La technique de la titrisation sert de ciment à l’accord. Conseillés par Houlihan Lokey, les créanciers ont accepté d’échanger leurs obligations à 85% du pair contre des titres adossés aux revenus futurs de l’électricien. Deux catégories de parts de titrisation seront proposées aux porteurs. Les premières verseront un intérêt en cash pendant 5 ans à un taux compris entre 4% et 4,75%, en fonction de la note attribuée par les agences. Les secondes, convertibles, donneront droit à un intérêt capitalisé pendant 5 ans, puis versé en cash ensuite, à un taux de 4,5% à 5,5%.
Les discussions avec les autres créanciers, qui durent depuis plus d’un an, vont se poursuivre. Un nouveau délai, mettant la société portoricaine à l’abri de poursuites judiciaires, a été fixé au 18 septembre. Toutes les parties l’ont accepté, sauf MBIA, le rehausseur de crédit qui a apporté sa garantie à certaines obligations de Prepa. A travers sa filiale National Public Finance, l’assureur monoline américain joue gros dans ce qui constituerait la plus grande restructuration de dette sur le marché américain des obligations municipales (muni bonds). Il est exposé à hauteur de 10 milliards de dollars au risque portoricain, dont 2,1 milliards de dollars pour Prepa. «Si S&P dégrade sa note d’un cran, National Public Finance ne pourra plus souscrire de nouveaux risques de manière rentable», soulignaient les analystes CreditSights début août lors de la publication des résultats de MBIA.
Prepa espère désormais convaincre les trois quarts des porteurs d’obligations non garanties qui ne font pas partie du groupe ad hoc signataire de l’accord. Sur cette base, le groupe réduirait de 670 millions de dollars sa dette et économiserait 700 millions de dollars d’intérêts sur les 5 ans à venir, a-t-il précisé hier dans un communiqué.
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