Une loi permettrait aux entreprises publiques locales de restructurer 22 milliards de dollars de dette. Un mauvais coup pour les assureurs monoline
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Alexandre Garabedian
Porto Rico refait parler d’elle sur les marchés financiers. Le gouverneur de l’île, Alejandro Garcia Padilla, vient de signer une loi qui facilite la restructuration de dette de certaines entités publiques, notamment les compagnies locales d’électricité (Prepa), de transport (PRHTA) et de gestion de l’eau (Prasa). Au total, environ 22 milliards de dollars d’obligations, soit 30% de la dette totale du Commonwealth de Porto Rico, seraient concernés, calculent les analystes de Creditsights.
L’île a connu une dégradation rapide de sa situation financière ces dernières années, notamment en raison de la fin des avantages fiscaux accordés aux entreprises américaines implantées sur son sol. Mais la Constitution du territoire lui interdit, ainsi qu’aux entreprises publiques, un accès à la loi américaine de protection sur les faillites. Le nouveau texte permet d’engager une procédure de Chapter 2 pour rééchelonner à l’amiable la dette avec l’accord de 75% des créanciers, ou à défaut un Chapter 3, sous la protection des tribunaux locaux.
Les agences de notation, qui ont largement dégradé les obligations de Prepa en territoire junk suite à ces annonces, estiment que la loi ouvre la voie à un défaut en bonne et due forme du territoire américain. Les premiers touchés seraient les rehausseurs de crédit qui avaient failli sombrer au début de la crise financière de 2007 et qui garantissent ces obligations publiques. Assured Guaranty, MBIA et Ambac affichent des expositions respectives de 2,6 milliards, 2,5 milliards et 0,9 milliard de dollars aux signatures portoricaines qui pourraient restructurer leur dette.
«Même si un défaut ou une restructuration de dette de Porto Rico est un événement significatif, les assureurs monoline pourraient gérer ces pertes sans intervention des autorités ni dégradation de note grâce à des niveaux adéquats de capital», estime CreditSights.
Plus près d’ici, le dossier portoricain intéresse aussi Dexia. A fin 2013, la banque franco-belge affichait 433 millions de dollars (315 millions d’euros) d’engagements sur l’île, qu’elle avait dû provisionner à hauteur de 69 millions. Les encours les plus risqués ont été cédés en janvier, ramenant l’exposition à 385 millions de dollars. Celle-ci est «assurée à plus de 95% par les meilleurs monolines et provisionnée à hauteur de 33,9 millions de dollars», affirme le groupe dans son rapport annuel.
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