Ping An paiera 2,15 milliards d’euros pour 50 % de Fortis Investments
Lorsque l’assureur chinois Ping An a pris 4,18 % de Fortis en novembre, les deux parties avaient dit vouloir se pencher sur une collaboration. Ces discussions viennent de déboucher sur un accord, selon lequel Ping An va prendre 50 % de Fortis Investments (la filiale de gestion de Fortis) pour un prix de 2,15 milliards d’euros.
Avec 245 milliards d’euros d’actifs sous gestion (y compris ceux provenant d’ABN Amro Asset Management), Fortis Investments se trouve donc valorisée à environ 1,75 % de ses actifs. Un ratio qui peut sembler faible sachant que des experts ont déjà estimé des sociétés à 2,5 % de leurs actifs et qu’un groupe plus petit comme CCR s’est vendu sur une base de 2,27 %.
L’agitation sur le marché a-t-elle eu un impact ? La valorisation a-t-elle tenu compte de l’intégration à mener d’ABN Amro AM ? Ou bien, le fait qu’il ne s’agisse «que» d’une part de 50 % a-t-il joué ? «Il est difficile d’établir des comparaisons dans ce secteur, tempère un analyste. Cela se joue beaucoup au cas par cas et dépend du type d’actif gérés, du modèle d’organisation, de l’influence de la banque privée sur la société.»
La facture pourrait même être légèrement inférieure en cas de déconvenue sur les dérivés. Fortis concède en effet avoir une faible exposition de 23 millions d’euros aux CDO et CLO (collateralized debt/loan obligation) et a prévu «d’indemniser intégralement Ping An en cas de dépréciation de leur valeur».
Côté organisation, les deux partenaires ont en tout cas convenu de respecter l’équilibre à 50/50 qui sera de mise au capital. Sur le nom d’abord puisque Fortis Investments se renommera selon l’accord Fortis Ping An Investments. Sur les organes de direction également, Fortis et Ping An devant nommer chacun conq membres du conseil. «Le management de la société restera inchangé», précise le communiqué.
L’intérêt de la transaction apparaît en tout cas évident. Dans la droite ligne de sa stratégie d’expansion hors de ses frontières, Ping An pourra ainsi acquérir de nouvelles compétences. Il en a les moyens, ses actionnaires l’ayant autorisé en début de mois à lever l’équivalent de 11 milliards d’euros. Quant à Fortis, cet apport d’argent frais va lui permettre de renforcer ses fonds propres, affectés par le milliard et demi d’euros de dépréciations constatées sur le subprime fin 2007. Le groupe avait d’ailleurs déjà dit vouloir conforter ses fonds propres à hauteur de 3,5 milliards dans les deux ans.
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