Pierre Moscovici prépare son arrivée dans la prochaine Commission européenne
Quel que soit le successeur de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne, le nom du prochain commissaire français ne fait désormais plus de doute. Pierre Moscovici profite des six mois qui le séparent de son arrivée à Bruxelles pour affiner son discours et préparer l’audition de l’automne devant le Parlement européen. Son tour d’Europe devrait compter une quinzaine de pays.
«Je ne pars pas de l’idée qu’il y a un problème général de soutenabilité de la dette en Europe. La soutenabilité dépend de la taille et de la solidité d’une économie. Nous sommes à 95% du PIB en zone euro. C’est soutenable, mais pas souhaitable. Le désendettement est donc une priorité mais il doit passer par la croissance», dit l’ancien ministre à L’Agefi.
Pierre Moscovici porte déjà un agenda de réforme de la zone euro. «La gouvernance de la zone euro n’est pas bonne parce que l’équilibre entre les règles, nécessaires mais trop automatiques, et la discrétion ne l’est pas, estime-t-il. Il faudrait plus de flexibilité en cas de crise. Par ailleurs le niveau de contrôle démocratique n’est pas satisfaisant. La troïka a été utile, mais maintenant il faut inventer d’autres règles du jeu qui soient mieux acceptées. Enfin, nous devons développer une capacité à définir une politique pour le bien commun de la zone euro. C’est au sujet de notre capacité à générer de la croissance pour tous les pays que le bilan de la gestion de crise est le plus contrasté».
Cela passe par la création d’un poste de président permanent de l’Eurogroupe (un fait acquis), «un groupe ou une commission au Parlement européen qui permette aux députés de la zone euro de travailler ensemble», et enfin «un budget de la zone euro qui porterait un socle d’assurance chômage commun, en théorie avec des ressources propres, comme une fraction de l’impôt sur les sociétés ou de la taxe sur les transactions financières» en cours de négociation.
Un tel programme divise moins les partis que les pays. Il ne sera pas plus facile à mettre en œuvre sous l’égide d’un Martin Schulz, membre du SPD allemand et en lice pour la présidence de la Commission, que de son challenger Jean-Claude Juncker, certes membre du PPE de centre-droit, mais sans attache nationale forte.
Pierre Moscovici espère obtenir l’un des trois grands portefeuilles économiques que compterait la prochaine Commission, par exemple celui qui pourrait regrouper les dossiers industriels et d’infrastructure, selon une source bruxelloise.
Plus d'articles du même thème
-
Les SCPI de Praemia toujours plombées par les demandes de retrait
A la suite des assemblées générales de ses fonds grand public, Praemia a acté le passage à capital fixe de trois de ses SCPI. -
Digi se frotte au marché boursier espagnol
L'opérateur télécom roumain veut lever des fonds pour accélérer le déploiement de son réseau de fibre optique et de sa propre infrastructure mobile. -
A Bruxelles, la consultation sur MiCA est étendue jusqu'à fin septembre
Des remaniements au sein de la direction européenne de la stabilité financière et des services financiers, la Fisma, repousseraient d’un mois la date de fin des consultations concernant le règlement sur les cryptoactifs MiCA. -
La BRI s’inquiète des effets macroéconomiques de l’IA à moyen terme
Pertes d’emplois, éclatement de la bulle financière, consommation excessive d’électricité… Si le déploiement de l’intelligence artificielle s’opère mécaniquement, les conséquences négatives pourraient excéder les avantages attendus, estime la Banque des règlements internationaux. -
CVC rachète le fabricant d'ingrédients alimentaires Irca à Advent
Le fonds américain s’apprête à s’emparer d'Irca, spécialiste italien des ingrédients alimentaires, tandis que le secteur enchaîne acquisitions, refinancements et opérations de consolidation. -
Comcast se coupe en deux et mettra en Bourse NBC Universal
Le câblo-opérateur va distribuer à ses actionnaires ses activités dans le divertissement, mettant un terme à plus de dix ans de consolidation. Les investisseurs applaudissent.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
American nightmareIran : pourquoi le détroit d'Ormuz continue de hanter Donald Trump
Le président américain pensait avoir réglé la question en signant un mémorandum d'entente avec Téhéran. Mais les échanges de frappes du week-end dernier ont rappelé que l'Iran entend bien conserver ce levier de pression dans les négociations sur le nucléaire -
Le Conseil d'Etat valide une fois pour toutes le projet de l'autoroute A69
Après six ans de bataille judiciaire et des recours écologistes rejetés, lesjuges administratifs ont validé le projet au nom de l’intérêt public majeur -
Conscience tranquilleFrédéric Valletoux (Horizons) : « le texte sur la fin de vie entrouvre une porte plus qu’il ne l’ouvre largement »
Le président de la commission des Affaires sociales à l'Assemblée nationale raconte son cheminement personnel quant à la proposition de loi sur l'aide à mourir, et défend aujourd'hui l'équilibre trouvé selon lui par l'hémicycle