Pictet et Lombard Odier ne seront plus de pures banques privées suisses
L’annonce est inédite, sur la forme comme sur le fonds. Lombard Odier et Pictet ont tenu une conférence de presse commune hier pour annoncer leur changement de statut juridique. Le 1er janvier 2014, les deux banques suisses abandonneront leur statut de société de personnes (commandite simple) pour celui de société anonyme en commandite par actions. Celle-ci sera, dans chaque groupe, la structure faîtière de la banque à Genève et des autres entités opérationnelles.
Les huit associés gérants actuels de chaque banque en resteront les propriétaires mais leur responsabilité ne sera plus illimitée en cas de litige. Un changement d’importance, alors que le secret bancaire suisse est fortement remis en cause, notamment aux Etats-Unis où Pictet est visé par une enquête. Pour autant, «le changement de statut juridique n’aura aucun impact sur la supervision des établissements», indique un porte-parole du régulateur suisse, la Finma, qui doit encore autoriser l’opération.
Les deux groupes justifient leur décision par l’évolution de l’environnement réglementaire et par la taille et l’internationalisation de leurs activités. Pictet gère 374 milliards de francs suisses (303 milliards d’euros) dans 25 bureaux, Lombard Odier 188 milliards dans 24 sites. Ils étaient jusqu’à présent les principaux membres de l’Association des banquiers privés suisses qui se distinguent d’UBS et de Credit Suisse (groupes pluridisciplinaires cotés), de Julius Baer (ancien membre, aujourd’hui coté), ou de l’UBP (société anonyme à capitaux familiaux).
«Nous allons étudier dans les prochains mois les conséquences [de leur départ] sur les structures associatives des banquiers privés ainsi que la façon dont nous allons continuer à collaborer, notamment dans la promotion des conditions cadre (dossiers fiscaux, réglementaires, économiques, etc, ndlr)», indique Chantal Bourquin, directrice de la communication de l’association.
Mirabaud (25 milliards de francs) et Bordier (10 milliards) en seront les plus gros membres devant plusieurs petits établissements de Suisse alémanique. «Nous n’allons pas modifier notre structure qui est adaptée à notre taille et à notre activité de gestion privée qui met le client au centre. Notre responsabilité illimitée nous rend naturellement plus conservateurs», assure Grégoire Bordier, associé éponyme de la banque. Il concède pourtant que ce modèle, contraignant, ne fait plus d’émules.
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