Pékin s’inquiète de l’effet de levier sur les marchés financiers chinois
Pékin tente de mettre le holà au recours inquiétant à l’endettement qui touche l’ensemble des acteurs économiques et financiers en Chine. La Commission de régulation des marchés a interdit aux trois courtiers les plus importants du pays (Citic Securities, Haitong Securities and Guotai Junan Securities) d’ouvrir au cours des trois prochains mois de nouveaux comptes de trading sur marges à leurs clients. Cette sanction intervient après que ces courtiers, ainsi que neuf autres, ont enfreint les règles mises en place le mois dernier. Elles interdisaient de prêter aux clients possédant des comptes titres d’un montant inférieur à 69.500 euros.
«Alors que les prix de l’immobilier vacillent, les particuliers se tournent vers la Bourse pour placer leur épargne abondante», explique Aurel BGC. L’activité du trading sur marges, reposant sur un fort levier et expliquant en bonne partie la hausse récente des actions chinoises, a connu un essor fulgurant depuis le rapprochement des Bourses de Shanghai et Hong Kong (le «Stock Connect») avec des volumes en hausse de 70% depuis la fin du mois d’octobre dernier, à 767 milliards de yuans (106 milliards d’euros). Le poids de ces opérations en Chine serait même désormais, à 3% de la capitalisation boursière, un des plus élevés au monde, selon Bank of America ML.
Après une hausse de 58% sur le second semestre 2014, l’indice de Shanghai chutait de 7,7% lundi. Il s’agit de sa plus forte correction quotidienne depuis juin 2008, qui a particulièrement touché les valeurs financières, avec un sous-indice en chute de 9,8% et nombre d’actions ayant cassé la limite de variation maximale autorisée de 10%. «Même si les actions chinoises étaient très faiblement valorisées, la hausse récente semble décorrélée des fondamentaux», estime Aurel BGC.
Pékin ne se limite pas à l’endettement excessif sur le marché actions. L’autorité de régulation bancaire (CBRC) a également interdit aux banques d’utiliser le fruit des prêts accordés par les sociétés fiduciaires (trust loans) pour investir dans des obligations, produits dérivés ou produits de gestion de fortune. Des mesures qui «atténuent les inquiétudes d’un retour de l’explosion du crédit de 2009-2010» à la suite de la publication des chiffres du crédit révélant une flambée du nombre des trust loans. Ceux-ci ont propulsé la production de prêts liée au shadow banking à 950 milliards de yuans en décembre, après 300 milliards en novembre, selon ING.
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