Pékin se voit contraint de trouver de nouveaux relais de croissance
La Chine est à un tournant. L’excédent commercial chinois a une nouvelle fois ralenti en novembre à 14,5 milliards de dollars, après 17 milliards en octobre. Le rythme de hausse des exportations a ralenti à 13,8% sur un an après 15,9% en octobre. En cause : les exportations vers l’Europe, le principal partenaire de la Chine, qui sont tombées à 5%, contre 17% un an plus tôt.
Parallèlement, les importations ont progressé sur un rythme de 22,1%, après 28,7% en octobre. Phénomène inquiétant: les importations de pétrole ont connu en novembre leur deuxième rythme le plus élevé (de 8,5%) depuis que ces statistiques sont recensées, à 5,52 millions de barils par jour. Une dépendance qui pousse les autorités à se tourner vers le gaz naturel, comme en témoigne l’accord signé hier par Sinopec pour augmenter sa participation de 15 à 25% dans le projet australien de gaz naturel liquéfié dirigé par ConocoPhillips et Origin Energy.
Lors d’un forum pour le dixième anniversaire de l’adhésion de la Chine à l’OMC qui s’est tenu dimanche à Pékin, le président Hu Jintao a plaidé pour «une stratégie encore plus active d’ouverture et notamment vers de nouvelles zones». Un relais précieux matérialisé le mois dernier par un accord entre Pékin et les nations d’Asie du Sud-Est (Asean) visant à renforcer leur coopération commerciale.
Selon une enquête Reuters publiée hier, aucun des 19 économistes interrogés ne croit néanmoins à une dévaluation du yuan l’an prochain pour soutenir les exportations, malgré les fortes pressions baissières dont il fait l’objet avec un taux forward à 12 mois à Hong Kong qui traite avec une décote record de 1,2%.
«Les sorties de capitaux hors de la Chine devraient continuer et l’excédent commercial pourrait continuer de se réduire, contraignant la banque centrale à baisser son ratio de réserves obligatoires» estime Shen Jianguang, économiste chez Mizuho Securities. Une opinion partagée l’enquête Reuters qui table sur une baisse du ratio de 200 pb sur l’année 2012.
Elle estime néanmoins que seul un ralentissement de la croissance sous les 8% pousserait les autorités à baisser les taux. La crise de l’immobilier et de l’endettement des collectivités portant les stigmates de la relance opérée en 2008, GaveKal estime que «la Chine ne peut se permettre de relancer le levier monétaire mais conserve une marge pour une modeste relance fiscale».
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