Pékin se livre à un arbitrage subtil entre croissance et inflation

Le recul de 1,3 point en décembre de l’indice officiel des directeurs d’achats à 53,9 laisse espérer un recul des pressions inflationnistes
Patrick Aussannaire

Alors que l’indice PMI manufacturier de la Chine, calculé par HSBC, est tombé en décembre à un plus bas de trois mois, l’indice officiel des directeurs d’achats publié par la Fédération chinoise de la logistique et des achats est également ressorti en recul de 1,3 point en décembre à 53,9. Un bon signe pour l’inflation chinoise qui a atteint 5,1% en novembre, portée par la hausse de 12% sur un an des prix alimentaires. Un niveau jugé inacceptable par 74% de la population au dernier trimestre 2010 (contre 58% au troisième trimestre) selon un sondage réalisé par la banque centrale chinoise (PBOC), forçant ainsi les autorités à réviser leur objectif d’inflation de 3% à 4% pour 2011.

Si l’amélioration des perspectives de croissance aux Etats-Unis a pu raviver les inquiétudes de Pékin, nombre d’économistes estiment qu’un rallye inflationniste en Chine est peu probable et que les mesures mises en place devraient permettre d’atténuer les tensions dans les prochains mois. L’objectif du gouvernement de réduire les nouveaux crédits à un rythme de 15% en 2011 (contre 24% en 2010 en incluant les crédits hors bilan) et la levée des contraintes sur l’offre devrait de produits alimentaires «devraient être suffisants pour garder l’inflation sous contrôle» selon la société de gestion GaveKal qui juge en outre le niveau d’inflation en Chine comme un phénomène «purement monétaire».

De plus, la nouvelle remontée des taux d’intérêt de la PBOC d’un quart de point le jour de Noël, le communiqué publié dimanche par le Premier ministre Wen Jiabao indiquant que la stabilisation des prix de l’alimentation constituerait une priorité accrue, alors que les autorités de régulation prévoient d’évaluer régulièrement les investissements étrangers sur le marché immobilier chinois afin de limiter la hausse des prix, sont autant de signes récents confirmant la détermination de Pékin à garder ses prix sous contrôle.

Seule ambigüité: l’évolution du yuan. Alors que la hausse de la devise constituerait un rempart contre l’inflation qui érode le pouvoir d’achat des ménages, les autorités viennent d’autoriser les sociétés exportatrices à conserver à l’étranger leurs bénéfices réalisés en devises locales plutôt que de les rapatrier pour les convertir en yuans, ce qui pourrait freiner la réévaluation du yuan alors que le secteur des exportations emploie 70% des salariés chinois.

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