Pékin se dote d’un nouveau fonds souverain pour optimiser ses avoirs
Crise de la zone Euro, dégradation en cascade des notes souveraines..., alors que la valorisation de ses avoirs en devises étrangères est menacée, la Chine aurait, selon Reuters, choisi de créer un nouveau véhicule d’investissement chargé de lui assurer de meilleurs rendements que ses placements traditionnels. Sous le contrôle de la banque centrale, ce véhicule pilotera deux fonds, l’un destiné à investir aux États-Unis, l’autre en Europe, pour un montant cumulé de 300 milliards de dollars.
Depuis plusieurs mois il était question que CIC, l’emblématique fonds souverain chinois créé en septembre 2007, et qui à fin 2010 gérait 409,6 milliards de dollars d’actifs, se scinde en deux entités. La restructuration devait permettre de clairement dissocier les investissements à l’étranger, politiquement sensibles, des participations acquises dans les grandes entreprises d’état chinoises. Elle devait aussi permettre une injection de cash alors que la part des liquidités en portefeuille était passée de 32% en 2009 à 4% fin 2010.
Pékin aurait donc préféré créer un nouveau véhicule, et ce alors que les pays secoués par la crise s’interrogent sur la nature de l’aide que pourrait leur apporter la deuxième économie mondiale.
Après avoir rejeté publiquement l’idée d’investir dans la dette des pays européens, y compris dans d’éventuels Eurobonds, ces dernières semaines plusieurs dirigeants du CIC sont montés au créneau pour mentionner l’hypothèse d’une aide indirecte, à condition d’y gagner en profitabilité et en influence.
A la tête de la première réserve de changes de la planète avec 3.200 milliards de dollars, Pékin n’hésite plus à évoquer cette manne pour qui voudrait y voir la solution à tous les déficits. Dernier en date à faire miroiter ces milliards de dollars, Chen Deming, le ministre du Commerce chinois, a expliqué lors d’un point presse que Pékin était prêt à utiliser une partie des quelques 1.200 milliards de dette américaine qu’il détient pour investir dans l’économie américaine et aider à résoudre le problème du chômage.
En attendant, et compétition oblige, le nouveau fonds souverain chinois devra faire mieux que CIC. Depuis ses débuts il y a quatre ans, celui-ci affiche une performance moyenne annuelle de 6,4%.
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