Pékin pilote le dérapage contrôlé de son rythme de croissance

L’indice PMI montre un fléchissement de l’activité du secteur manufacturier en octobre lié au ralentissement de la demande interne et externe.
Patrick Aussannaire

Quelle est l’ampleur exacte du ralentissement de l’économie chinoise? Le recul plus fort que prévu de l’indice PMI officiel du secteur manufacturier à 50,8 points en octobre s’est notamment accompagné d’un recul du sous-indice des nouvelles commandes à l’exportation, sous le seuil de contraction à 49,9, et de celui des importations à 47,9. L’indice calculé par HSBC a quant à lui légèrement progressé à 50,4. Des chiffres traduisant un ralentissement de la demande intérieure et extérieure, qui s’ajoutent à la baisse de l’inflation à 1,6%, au plus bas depuis 5 ans.

Après un ralentissement à 7,3% au troisième trimestre, Barclays prévoit un rebond de la croissance chinoise à 7,6% sur les trois derniers mois de l’année. La hausse du PIB officiel, de plus en plus contestée, chuterait à 7,4% sur 2014, son plus faible niveau depuis 1990, puis à 7% en 2015. Un ralentissement jugé «sévère» par Natixis qui ajoute que «le PIB publié semble cependant sincère», en se fondant sur des facteurs plus fiables tels que la production d’électricité, la consommation de pétrole, et la variation des importations et du fret ferroviaire.

«L’économie chinoise étant en transition, les anciens moteurs comme l’investissement sont épuisés, et les nouveaux relais de croissance ne sont qu’en formation. Ce trou d’air constitue un risque dont les autorités souhaitent limiter l’ampleur», explique Natixis. La PBOC conduit depuis quelques mois une politique d’assouplissement ciblée qui a permis de ramener le Shibor à 7 jours sous les 4% depuis août. «La faiblesse des variations mensuelles de ses actifs étrangers depuis avril» traduit néanmoins la baisse de ses interventions sur le marché des changes, explique SG CIB.

Pékin a également lancé une vaste réforme fiscale qui impose aux collectivités locales de publier l’état de leur dette avant début janvier afin de tracer une frontière entre dette publique et privée. Elles pourront emprunter sur le marché pour refinancer leur dette existante mais plus garantir les crédits des entreprises même par l’intermédiaire de véhicules financiers, incités à faire désormais appel à des capitaux privés.

«La mutation vers un système normalisé garanti par les obligations d’Etat entraînera un ralentissement de la croissance des investissements en infrastructures, qui perdront une partie de leur rôle de stabilisateur de croissance», prévient SG CIB.

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