Pékin laisse le yuan atteindre des sommets face au dollar
Longtemps enfermé dans une évolution prévisible, le yuan semble évoluer de manière plus volatile depuis le début de l’année. La devise chinoise s’est appréciée vendredi à un nouveau record contre dollar depuis le lancement du nouveau régime de change unifié en 1994, tombant à une parité de 6,238, point bas limite de la bande de fluctuation quotidienne autorisée par la Banque Populaire (PBOC). Ce matin, la PBOC relevait le fixing quotidien de 0,3% à 6,2992, un plus haut depuis le 11 mai.
«La PBOC intervient nettement moins sur les marchés monétaires ces derniers jours, et le marché profite à plein de la bande de fluctuation autorisée», estime RBS. A Hong Kong, le yuan s’appréciait vendredi de 0,13% pour se hisser à un niveau de 6,238 et les contrats à un an affichent une décote de 1,5% par rapport à la cotation au comptant. La volatilité implicite à un an du yuan à Shanghai progressait de 4 pb à 1,59%. L’appréciation atteint 0,8% depuis le début de l’année, alors que la devise se dépréciait de 1,6% en juillet dernier.
Le renforcement du renminbi s’est accéléré en octobre, avec un gain de 0,75%, après 0,14% sur les neuf premiers mois. A l’approche des élections aux Etats-Unis, Pékin veut éviter de faire du yuan un sujet de campagne. Les derniers chiffres d’activité indiquant une stabilisation de la croissance ont aussi soutenu la tendance. «Malgré un ralentissement de la croissance à 7,4% au troisième trimestre, une série d’indicateurs montre une amélioration claire de la tendance» estime GaveKal. Sur le premier semestre, la valeur des exportations chinoises a progressé de 9,2%, contre une croissance des exportations mondiales de 1,7%. L’indice PMI publié par HSBC a montré un rebond de l’activité du secteur manufacturier en octobre.
Si ce retournement de tendance depuis l’été peut paraître paradoxal compte tenu des inquiétudes qui ont pesé sur le ralentissement en Chine, il correspond à une volonté politique d’internationalisation de l’utilisation de la devise. «La politique de change de Pékin reste identique: accepter une appréciation sur le long terme (même si elle se fait à un rythme moins élevé qu’entre 2005 et 2011), mais promouvoir une plus forte volatilité pour décourager les prises de positions dans un sens unique», explique GaveKal. La volatilité du yuan reste cependant limitée par la bande de fluctuation, à 2,1% sur le mois d’octobre, contre 6,52% pour le won coréen, et 4,85% en moyenne pour les devises asiatiques, selon RBS.
Plus d'articles du même thème
-
L’Etat allemand prépare son désengagement d’Uniper
Trois ans et demi après avoir nationalisé l’énergéticien pour éviter sa faillite, Berlin hésite entre une nouvelle mise en Bourse et une cession de gré à gré. -
Euroclear et la Banque de France souhaitent séduire les investisseurs avec leurs NEU CP tokenisées
Les premières émissions tokenisées de titres de créances à court terme, les Negotiable EUropean Commercial Paper, auront lieu en septembre prochain. -
L’économie japonaise accélère au premier trimestre
La croissance du PIB a dépassé les attentes en début d’année à +2,1 % en rythme annualisé, mais le deuxième trimestre devrait subir les conséquences du conflit au Moyen-Orient, laissant la banque centrale en position d’attente. -
Openstone renforce sa gouvernance avec un directeur général pour la France
Le groupe a recruté Huseyin Sevinç, passé par Eiffel Investment Group et NextStageAM, pour prendre sa direction. -
Les Etats-Unis avancent sur la clarification du statut des cryptoactifs
Après des mois de blocage, le Clarity Act, le texte censé baliser le rôle des gendarmes financiers dans le domaine des cryptoactifs a été voté par la commission bancaire du Sénat américain. -
Ardian investit dans l’éolien en Allemagne
Encouragé par une réglementation favorable aux investisseurs, le millésime ACEEF du fonds français boucle sa première acquisition dans le pays teuton.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
Contenu de nos partenaires
-
Avec la relance des relations Alger-Paris, l'espoir d'une libération prochaine de Christophe Gleizes
Au retour de sa visite à Alger, Gérald Darmanin est resté discret sur le cas du journaliste français emprisonné. Christophe Gleizes a renoncé à son pourvoi en cassation et mise sur une grâce présidentielle. Ses conditions de détention se sont améliorées ces derniers mois. -
Mémoire vivePrésidentielle : l'Algérie, champ de bataille pour 2027
Immigration, sécurité, narcotrafic, « devoir de mémoire » contre « rente mémorielle » : autant de sujets centraux de la campagne qui pourraient se cristalliser sur le cas algérien -
Age de raisonFace à un Etat sans argent, les hôpitaux invités à avoir recours au système D pour se réformer
Mardi, la ministre de la santé, Stéphanie Rist, a souhaité mettre sur les « rails » une méthode sans rabot mais sans promesse pour améliorer la performance de l’hôpital public, un an avant l’élection présidentielle.