Pékin enclenche la restructuration de la dette des collectivités locales

Le gouvernement chinois a fixé à 1.000 milliards de yuans la première tranche de dette hors budget qui pourra être convertie en «muni-bonds».
Patrick Aussannaire

La Chine s’attaque enfin à la dette de ses finances locales. Le ministre des finances, Lou Jiwei, a fixé à 1.000 milliards de yuans (150 milliards d’euros) la première tranche de dette hors budget des collectivités qui pourra être convertie en obligations locales («muni-bonds»). La dette ciblée recouvre des prêts bancaires, obligations d’entreprises et les crédits aux véhicules de financement (LGFV) ne bénéficiant pas de la garantie de l’Etat, de maturités courtes et de taux supérieurs à ceux des obligations d’Etat. «Il s’agit d’un pas positif qui permettra de réduire le risque de liquidité des collectivités», estime SG CIB.

Pékin estime que le swap devrait permettre de réduire le paiement des intérêts des collectivités de 40 à 50 milliards de yuans par an. SG CIB alerte néanmoins sur le fait que cette première tranche est inférieure au montant de dette locale à refinancer cette année, et que le processus de swap de dette devra ainsi être accéléré, même si son rythme sera contraint par la profondeur du marché obligataire chinois. «A terme, la question se posera de l’appétit des banques et investisseurs pour des obligations d’Etat à faible rendement au lieu des obligations ou prêts à hauts rendements», ajoute SG CIB.

Si les LGFV ont réduit le montant de leurs émissions de dette de 47% en un an sur janvier et février à 66,3 milliards de yuans selon les calculs de Bloomberg, la capacité des collectivités à faire face à leurs échéances à court terme n’est pas assurée. La province de Shandong a par exemple évoqué des cessions d’actifs. Le montant total de 10.900 milliards de yuans de dette locale évoqué par Lou Jiwei correspond en outre à la définition étroite inscrite dans l’audit réalisé mi-2013, et est inférieur de 7.000 milliards à la version large. SG CIB l’estime même actuellement entre 25.000 et 30.000 milliards.

Par ailleurs, les projets d’infrastructure dont les cash-flows sont relativement stables recevront des subventions budgétaires pour passer sous le label «partenariat public-privé» avec une reclassification de leur passif en «dette d’entreprises». Pékin impose également le remboursement de l’ensemble des prêts bancaires des collectivités, d’éventuelles restructurations de dette étant laissées à la discrétion des banques. Dans ce cadre, «les spreads de crédit devraient s’écarter avec le risque croissant de défauts et les banques commerciales ne seront pas immunisées contre ce re-pricing», ajoute SG CIB.

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