Pékin compte accentuer ses achats de matières premières

L’institut chinois qui gère les réserves du pays pourrait reconstituer ses stocks ou les vendre sur le marché domestique sans souci de profit
Patrick Aussannaire

Hantée par ses vieux démons, la Chine revient au protectionnisme. Le China’s State Reserves Bureau (SRB), qui gère les réserves de matières premières chinoises, va scinder ses activités en deux afin d’assurer un meilleur contrôle de ses intérêts économiques, rapporte Reuters qui cite un rapport du SRB. Jusqu’à présent, la branche stratégique était chargée d’accumuler les réserves, alors que l’activité commerciale avait des objectifs de profits sur les opérations de trading réalisées.

L’opérateur pourra à présent accroître le montant total de ses réserves sans se soucier du prix et sans aucune volonté d’arbitrage de cours. L’activité commerciale servira dorénavant simplement de courtier pour acheter sur le marché le surcroît de réserve défini par les instances de l’Etat en fonction des besoins du pays. Le SRB, qui possède des réserves de cuivre estimées entre 1,2 et 1,3 million de tonnes, pourrait ainsi aisément fournir le marché domestique à un prix inférieur au cours du marché afin de lutter contre les tensions inflationnistes.

«Sur le prix du cuivre, le SRB pourrait accentuer la tendance de marché», indique cependant un analyste cité par Reuters. Si les analystes de JPMorgan prévoyaient un ralentissement de la croissance de la demande du pays en cuivre à 7% en 2011 (soit 7,88 millions de tonnes métriques), contre 13% en 2010, la volonté des autorités de réduire leur dépendance énergétique ainsi que l’excédent commercial chinois pourrait conduire les analystes à revoir à la hausse leurs prévisions et alimenter la bulle sur le cours du cuivre, la Chine consommant environ 40% de la production totale du métal.

Le cours du cuivre a atteint un record début janvier à 9.754 dollars la tonne, mais les récentes décisions des autorités visant à freiner l’envolée des prix avaient fait craindre un dégonflement de la bulle et fait refluer légèrement les cours. Le cuivre n’est pas la seule matière première touchée. La Chine est également le plus gros importateur mondial de soja, minerai de fer, coton, caoutchouc naturel et un des plus importants acheteur de charbon, légumes et de potasse. Avec la hausse des réserves de la Chine et les restrictions d’offres liées aux pays exportateurs ainsi qu’aux variables climatiques, la hausse des cours des matières premières a encore de beaux jours devant elle, au moins à court terme.

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