Pékin adapte sa stratégie pour atteindre ses objectifs de croissance
La détente des conditions monétaires et de la politique de change de la PBOC a permis de stabiliser l’activité chinoise sur le mois d’avril
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Patrick Aussannaire
L’économie chinoise se stabilise. L’indice d’activité PMI calculé par HSBC est finalement resté stable à 48,1 points en avril. Un niveau légèrement inférieur à sa moyenne de 48,7 points enregistrée sur les trois premiers de l’année durant lesquels le PIB chinois a progressé à un rythme de 7,4%. L’indice officiel pour les services était resté solide à 54,8 points, et l’indice manufacturier à 50,4 points. Le consensus table sur une croissance chinoise de 7,3% cette année. Un rythme globalement en ligne avec l’objectif affiché par le gouvernement, de 7,5%.
Si Pékin ne souhaite pas avoir recours à un plan de relance budgétaire pour soutenir l’activité, la PBOC a néanmoins légèrement assoupli sa politique monétaire depuis quelques semaines. Depuis le 25 avril, le ratio des réserves obligatoires a été abaissé de deux points pour les banques commerciales et de 0,5 point pour les banques coopératives de province, dans le but de diriger les fonds vers les activités rurales.
Un assouplissement qui s’est transmis au marché interbancaire, avec une moyenne à 28 jours du taux Shibor à 7 jours ramené à 3,60%, contre plus de 5% fin janvier. Le taux de swap à un an est quant à lui tombé à 3,62%, son plus faible niveau depuis juin 2013. La partie longue de la courbe a également bénéficié de cette détente, avec un taux à 10 ans en baisse de 26 pb depuis le début de l’année. A 4,28%, il est ainsi revenu sur ses niveaux de novembre dernier.
Un assouplissement qui s’ajoute à la dépréciation du yuan, qui atteint 3% contre dollar depuis début février, et 6% contre euro. De quoi «apporter un soutien à la croissance et contredit le scénario d’afflux de capitaux étrangers attirés par les opérations de portage», estime RBS qui prévoit le maintien de ces conditions accommodantes jusqu’à ce que la situation économique s’améliore suffisamment pour permettre d’atteindre l’objectif de croissance visé par les autorités.
Pourtant, malgré la volonté affichée par la PBOC de voir la croissance des prêts bancaires aux PME excéder celle des prêts totaux, avec une hausse des volumes, «il y a toujours une crise du crédit» en Chine, les banques restant prudentes dans un contexte de ralentissement économique, estime BNP Paribas. Avec des taux de prêts aux PME oscillant ainsi entre 10% et 15%, Pékin «devra faire davantage pour inciter les banques à poursuivre leurs efforts», ajoute BNP Paribas.
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