Pékin a les mains libres pour contrer le ralentissement de l’activité
L’inflation décélère en Chine et l’espoir
de mesures de soutien à l’activité grandit. La hausse des prix à la consommation
est retombée en juillet à son plus bas niveau depuis 30 mois, avec un taux de
seulement 1,8% sur un an. En juin la hausse était de 2,2% et en juillet 2011 de …
6,5%.
Pour les seuls prix alimentaires
la hausse est revenue à 2,4% en juillet sur un an, contre + 3,8% en juin. Les
prix non alimentaires ont augmenté de 1,5%, contre 1,4% en juin.
La banque populaire de Chine semble
désormais en mesure de mettre à exécution sa promesse de soutenir l’économie
qui confirme, statistiques après statistiques,
son ralentissement. Pour 2012, les autorités chinoises tablent sur une croissance de 7,5%. Jeudi ,
l’institut d’émission chinois a déclaré qu’il fera en sorte d’assurer
une croissance régulière et adaptée de la masse monétaire et du crédit pour
soutenir la croissance du Pib. Dans son rapport trimestriel consacré à la mise
en oeuvre de la politique monétaire, il précise qu’il poursuivra les réformes
relatives aux taux d’intérêt et accroîtra la flexibilité du yuan. La banque
centrale a également averti que l'économie mondiale pourrait retomber en
récession.
Selon Zhang Zhiwei, économiste
chez Nomura à Hong Kong, la hausse des prix à la consommation sera inférieure à
l’objectif officiel de 4% cette année. «Aussi, estime-t-il, le
gouvernement va très certainement se concentrer sur la croissance.» Après les baisses de taux d’intérêt en juin et juillet, la banque centrale
chinoise devrait à nouveau assouplir le coût du crédit au troisième trimestre,
estiment les analystes interrogés par Reuters. Ils s’attendent aussi à de
nouvelles mesures réduisant le montant des réserves que doivent obligatoirement
détenir les banques, ce qui devrait libérer des liquidités pour les prêts aux
ménages et aux entreprises.
Il est vrai que les signes de baisse
de régime de l’activité en Chine se sont multipliés aujourd’hui. La crise de la dette en zone euro et la reprise fragile aux Etats Unis font sentir leurs effets sur l’empire du Milieu dont les commandes à l’export ont enregistré leur plus forte baisse en huit mois. Conséquence logique, la production
industrielle a ralenti en juillet, sa hausse se limitant à 9,2% en rythme
annuel, la plus faible en plus de trois ans. Les analystes s’attendaient au
contraire à voir sa croissance accélérer à 9,8% après 9,5% en juin. De leur
côté les ventes au détail ont augmenté de 13,1% d’un an sur l’autre, un peu en
dessous du taux de 13,7% espéré. Dans la même tonalité, les
investissements en actifs fixes, pilier traditionnel de la croissance
économique chinoise, n’ont augmenté que
de +20,4% entre janvier et juillet par rapport à la même période un an plus tôt.
L’investissement immobilier n’a pas échappé à la décélération en affichant une
hausse de 15,4% sur les sept premiers mois de 2012 par rapport à la même
période un an plus tôt, contre16, 6% sur les six premiers mois de l’année. Les
constructions nouvelles ont même chuté de 9,8% en rythme annuel sur les sept
premiers mois de l’année, accélérant le recul de 7,1% enregistré au premier
semestre. Cette tendance marque un assagissement de ce marché qui fait craindre depuis des mois un phénomène de bulle.
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