Patrick de Cambourg fixe ses priorités à la tête du normalisateur comptable

L’ancien dirigeant de Mazars va présider l’Autorité des normes comptables. Il souhaite faire porter la voix de la France en Europe et auprès de l’IASB.
Solenn Poullennec

Les députés et sénateurs ont hier donné leur feu vert à l’Elysée pour nommer à la présidence de l’Autorité des normes comptables (ANC), Patrick de Cambourg, actuel président d’honneur du groupe d’audit et de conseil Mazars. Lors de son audition par les élus des commissions des finances hier, celui qui a passé plus de quarante ans chez Mazars, a expliqué qu’il comptait faire collaborer le plus possible l’ANC avec les autorités européennes et le normalisateur comptable international, l’IASB.

«La France et l’Europe n’ont pas dit leur dernier mot, bien au contraire, dans la normalisation comptable», a déclaré celui qui est appelé à remplacer Jérôme Haas, décédé au printemps 2014. «Il faut réussir la réforme institutionnelle toute récente de l’Efrag [European Financial Reporting Advisory Group] et faire en sorte que l’ANC contribue pleinement à ce succès», a poursuivi Patrick de Cambourg.

L’Efrag a été créé pour donner des conseils techniques à la Commission européenne sur les normes comptables internationales IFRS. A la suite du rapport de Philippe Maystadt, l’institution s’est réformée l’année dernière pour avoir un rôle plus politique et porter une seule voix européenne sur les questions de comptabilité, notamment auprès de l’IASB. Le conseil de l’institution a été refondé et accueille, outre des experts du sujet, des normalisateurs nationaux et des représentants des entreprises.

Considérant que les normes IFRS, adoptées en 2005 en Europe, ont eu des effets «bénéfiques», Patrick de Cambourg a prôné l’établissement d’une relation de «confiance» avec l’IASB. Soucieux de l’excellence technique de l’ANC il a insisté sur la nécessité de travailler «le plus en amont possible» alors que l’autorité a un calendrier de travail bien chargé.

Au plan international, les entreprises et les normalisateurs devront notamment plancher sur les normes IFRS 15 et 9, qui concernent respectivement les chiffre d’affaires et contrats financiers et qui ont été finalisées par l’IASB l’année dernière. L’ANC sera aussi amenée à travailler sur la transposition de la directive Solvabilité 2.

«Une réflexion sur le cadre conceptuel est essentielle», a par ailleurs fait valoir Patrick de Cambourg. L’IASB a entamé une refonte de cet ensemble de principes qui doivent présider au développement des états financiers. Le normalisateur a prévu de publier un «exposé-sondage» sur cette question dans le courant du premier trimestre.

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