Paris veut être en pointe sur les fintechs et la finance verte
Le Comité Place de Paris 2020 a présenté quatre priorités stratégiques dans le contexte d’un potentiel Brexit et de la fusion entre Deutsche Börse et le London Stock Exchange.
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Solenn Poullennec
Les acteurs de la Place de Paris se sont fixé de nouveaux objectifs de développement à quelques semaines du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne qui, comme la consolidation boursière, pourrait changer les rapports de forces entre les centres financiers européens.
Le Comité Place de Paris 2020, créé en 2014 à Bercy pour favoriser la compétitivité de la Place et le financement de l’économie, veut ainsi faire de Paris la référence de la zone euro pour les financements de marché des entreprises et pour la «finance intelligente» (smart finance). Celle-ci désigne la finance verte, les investissements socialement responsables ou encore les financements de projets d’infrastructures.
L’AMF crée une division «fintech»
Le Comité souhaite par ailleurs accompagner le développement des fintechs. L’AMF a dévoilé à ce sujet hier qu’elle avait mis en place une «division fintechs, innovation et compétitivité» qui «aura pour objectif d’analyser les innovations en cours dans le secteur des services d’investissement et d’identifier les enjeux en matière de compétitivité et de régulation». La division travaillera notamment avec le régulateur prudentiel, l’ACPR.
Enfin, Michel Sapin a insisté sur la nécessité de fournir aux entreprises et aux intermédiaires financiers les infrastructures de marché et fonctions «les plus performantes possibles». A ce propos, le ministre, Paris Europlace et la Banque de France ont fait part de leurs inquiétudes sur la fusion entre le London Stock Exchange et Deutsche Börse.
«Nous pensons que ce qui va se passer après le référendum doit être l’occasion d’une réflexion vers plus d’intégration de la zone euro mais aussi au niveau des mesures permettant de renforcer l’attractivité relative des places européennes», a par ailleurs déclaré le président de Paris Europlace, Gérard Mestrallet. «Le processus d’autonomisation croissante du Royaume-Uni, qu’il y ait un Brexit ou non, soulève des risques d’arbitrages réglementaires», estime de son côté le PDG d’Euronext Stéphane Boujnah, interrogé par L’Agefi.
Le Comité Place de Paris 2020 a souligné la fin de ses travaux sur la modernisation du marché des titres de créances négociables (TCN), prisé par les entreprises et les banques pour leur financement à court terme. Comme l’avait révélé L’Agefi en avril, la fusion des certificats de dépôt et des billets de trésorerie est entérinée.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités.
La «Visa Stablecoin Platform» permettra la détention, l'échange et l'émission de stablecoins. Elle sera accessible en version bêta à une sélection de clients dans un premier temps.
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