Paris s’engage à faciliter l’analyse financière sur les petites sociétés cotées
Quatre entreprises cotées sur dix ne font l’objet d’aucune analyse financière à Paris. Pour ces sociétés, le manque de suivi peut être lourd de conséquences puisque, en l’absence d’analyse financière, les gérants ne s’engageront pas le plus souvent à investir dans ces valeurs moyennes. L’absence d’analyse financière sur les entreprises de taille intermédiaire (ETI) s’explique par le modèle de rémunération des courtiers. Etant payés sur les flux, les brokers fournissent des analyses sur les sociétés les plus traitées.
Pour que les ETI soient suivies par des analystes, ce qui, in fine, facilitera leur financement, l’Observatoire du financement des entreprises par le marché vient de mettre en place un dispositif ad hoc. L’organisme lancé en 2010 à l’initiative de Christine Lagarde va proposer un service d’analyse aux ETI à un coût limité. L’Observatoire regroupe Nyse Euronext, la Caisse des dépôts et consignations et les associations professionnelles telles que l’AFG pour les gestionnaires, la Sfaf et la Cafi pour les analystes financiers, l’Amafi pour les professionnels de marché et MiddleNext pour les sociétés de taille moyenne. Pour Nyse Euronext, l’enjeu est important car «80 % des sociétés cotées à Paris sont des PME-ETI», souligne Marc Lefèvre, directeur des relations émetteurs Europe et directeur cash France de Nyse Euronext.
L’observatoire vient de proposer son service à quarante entreprises, non suivies depuis deux ans, dont la capitalisation est comprise entre 50 millions et 1 milliard d’euros et dont les transactions journalières sont supérieures à 10.000 euros par jour. Sur un coût total de 14.000 euros pour l’analyse financière, la société ne paiera que 4.667 euros, le solde étant pris en charge par des investisseurs représentés par l’AFG et Nyse Euronext. L’observatoire sélectionnera un analyste parmi ceux qui se sont manifestés pour réaliser l'étude. Cette dernière ne comprendra pas de recommandation mais sera actualisée tous les six mois et largement diffusée aux investisseurs au travers de l’Observatoire. «Nous espérons que cette analyse financière générera des flux, qui, eux-mêmes, inciteront des brokers à commencer une couverture du titres», explique Ibra Wane, président de la Sfaf.
Les investisseurs représentés par l’AFG se sont engagés à apporter un total de 150.000 euros au projet.
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