Paris et Moscou s’engagent à renforcer leurs échanges dans les domaines financiers
Moscou est déterminée à devenir une place financière internationale. Et la France veut se positionner comme un partenaire industriel de premier plan. Le message a clairement été exprimé par les orateurs au premier forum financier franco-russe organisé par Paris Europlace et la Ville de Moscou, qui s’est tenu dans la capitale russe jeudi pour approfondir la coopération entre les deux capitales après la signature en juin d’un protocole d’accord.
«La Russie est une économie en plein essor. La Place de Paris est engagée dans un partenariat de long terme pour non seulement attirer les investisseurs russes mais aussi exporter le modèle français pour accompagner le projet de Moscou place financière internationale présenté par le président Dimitri Medvedev», a confirmé Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace.
Une coopération destinée à assurer la modernisation de la régulation financière en Russie, «fondée sur l’intégrité et la transparence», au service du développement de l’économie, comme l’a souligné le ministre de l’Economie et des Finances Christine Lagarde qui a ouvert le forum avec Alexei Kudrin, vice-Premier ministre et ministre des Finances de la fédération de Russie. Christine Lagarde a également tenu à replacer les débats dans la perspective des travaux de la présidence française du G20: la réforme du système monétaire international, la régulation des marchés des matières premières, et plus généralement «s’assurer que la finance soit au service de l’intérêt général».
Premier exemple de coopération concrète, la Caisse des dépots et consignations et VEB, la banque de développement russe, ont annoncé la création d’une société commune entre Egis, filiale de la première et Evraziiski (VEB), specialisée dans les partenariats public-privé et les projets d’infrastructures (L’Agefi Quotidien du 14 juin 2010)
Le Forum a également été l ‘occasion d’approfondir le protocole d’accord entre Paris Europlace et la Ville de Moscou. «Une structure opérationnelle a été mise en place qui rassemble l’ensemble des acteurs autour de thèmes prioritaires et un calendrier d’actions», a confirmé Arnaud de Bresson, directeur général de Paris Europlace. Avec comme prochain rendez-vous: Paris en 2011.
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Londres - Plusieurs partis d’opposition ont appelé jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer à démissionner, après de nouvelles informations sur la nomination de l’ex-ambassadeur aux Etats-Unis Peter Mandelson malgré ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Le journal The Guardian a révélé jeudi que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Peter Mandelson pour ce poste en janvier 2025 malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents. Des responsables du Foreign Office ont décidé d’aller «contre la recommandation» de ce service, a confirmé jeudi un porte-parole de Keir Starmer, qui a affirmé que ni le Premier ministre, ni aucun membre de son gouvernement «n'étaient au courant» de ces éléments «avant le début de la semaine». Le Foreign Office a dit jeudi par la voix d’un porte-parole «travailler en urgence» à apporter des réponses sur l’octroi de cette habilitation. Début février, Keir Starmer avait déclaré à la presse qu’un «contrôle mené de manière indépendante par les services de sécurité» avait permis à Peter Mandelson d’obtenir «l’habilitation nécessaire pour occuper ce poste». Le cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a estimé jeudi sur X que «Starmer a trahi la sécurité nationale» et doit donc «démissionner». Le leader des libéraux-démocrates, Ed Davey, a lui affirmé que «si Keir Starmer a induit le Parlement en erreur et menti au peuple britannique, il doit partir». Le Premier ministre, qui a limogé Peter Mandelson en septembre 2025, a accusé l’ex-ambassadeur d’avoir «menti de manière répétée» à Downing Street sur l'étendue de ses liens avec le criminel sexuel. Cette affaire a fragilisé le chef du gouvernement britannique, cible de critiques depuis plusieurs mois en raison de sa décision de nommer à l’un des postes les plus prestigieux de la diplomatie britannique cet ami du financier américain décédé en prison en 2019. Le porte-parole de Keir Starmer a réaffirmé jeudi la détermination du gouvernement à publier les documents relatifs à la nomination de Peter Mandelson, dont une première partie a été rendue publique en mars. Ils ont permis d’apprendre que M. Starmer avait été averti du «risque réputationnel» posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer. La police britannique a ouvert une enquête et perquisitionné deux résidences de l’ex-ambassadeur en février, après la publication de nouveaux documents tirés des dossiers Epstein, publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice. Ces derniers suggèrent que Peter Mandelson aurait transmis au financier des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement de Gordon Brown, de 2008 à 2010. © Agence France-Presse