Paris et Berlin veulent faire avancer le dossier de la taxe sur les transactions financières
La France et l’Allemagne pourraient donner aujourd’hui un coup de fouet aux négociations sur le projet de taxe sur les transactions financières (TTF) défendu par 11 Etats européens mais qui n’a guère avancé depuis un an. Le couple franco-allemand devrait affirmer sa volonté de trouver un accord rapide sur ce sujet. Les contours de la taxe potentielle restent cependant très flous à ce stade.
«Il faut qu’il y ait sur la table avant les élections européennes une proposition qui soit consistante», a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici hier. Demain [aujourd’hui], il y a un conseil des ministres franco-allemand et je souhaite évidemment qu’il y ait une position commune franco-allemande sur ce sujet». François Hollande et Angela Merkel devraient marquer leur attachement à une adoption de la taxe avant les élections européennes, selon une source proche.
Depuis que la Commission a présenté un projet de taxation des actions, obligations et dérivés en février 2013, les négociations patinent. La TTF est férocement combattue par l’industrie financière et les entreprises européennes dont les représentants ont réaffirmé hier leur inquiétude pour leurs conditions de financement dans un courrier adressé aux politiques européens. En France, le sujet est d’autant plus délicat qu’une taxe trop contraignante pourrait dissuader des institutions financières d’entrer au capital d’Euronext.
Si le ministre français de l’Economie a appelé à la mise en œuvre d’une taxe «réaliste», les contours précis d’une taxe défendue par le couple franco-allemand restent très flous. «Nous pourrions avancer pas à pas pour l’introduction d’une TTF», a fait savoir lundi le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schaüble. Les représentants des 11 Etats européens intéressés par la coopération renforcée sur la TTF se réunissaient hier et n’ont pas trouvé d’accord mais «ils s’orientent malheureusement vers la mise en œuvre de la taxe en deux temps», affirme Alexandre Naulot, expert chez Oxfam sur le sujet.
Certaines sources assuraient que la France et l’Allemagne pourraient défendre une TTF d’abord applicable aux actions et aux dérivés actions et ensuite à d’autres titres mais cette information n’est pas confirmée, et ni Bercy ni l’Elysée ne font de commentaires. «A priori, il ne devrait pas y avoir d’accord franco-allemand pour une taxe au champ large incluant les dérivés», commente Alexandre Naulot.
Plus d'articles du même thème
-
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable. -
Les marchés de capitaux s’orientent vers un millésime 2026 hors norme
Les Etats-Unis, alimentés par les cotations et des levées de fonds historiques dopées à la tech, dominent plus que jamais le marché mondial des capitaux qui progresse de 62 % à 610 milliards d’euros. En Europe, les IPO peinent à transformer l’essai. Les convertibles signent leur résurrection. -
L’Asie accélère sa transition pour sortir de la dépendance énergétique
La crise d’Ormuz a révélé l’étendue de la dépendance des pays asiatiques aux fournisseurs d’hydrocarbures du Golfe. Elle leur donne de nouveaux arguments pour accélérer leurs stratégies de diversification et d’autonomie, selon l’AIE.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français