Paris et Berlin toujours très éloignés à dix jours du conseil européen
Les différends entre Paris et Berlin sur le chemin à suivre pour consolider la zone euro, patents lors de la réunion des ministres des finances de la zone euro lundi soir à Luxembourg, laissent présager une réunion tendue entre les chefs d’Etat et de gouvernement la semaine prochaine. Positions françaises et allemandes restent d’abord sur les conditions de la mutualisation des pertes du secteur bancaire espagnol via le Mécanisme européen de stabilité. Pierre Moscovici a mis en cause la bonne foi de ses homologues allemand, finlandais et néerlandais qui, dans un récent communiqué, entendent soustraire les pertes sur les actifs dont la dépréciation découle de la crise, du périmètre de la mutualisation. Compte tenu des conclusions du Conseil européen de juin, «un malentendu n’est pas possible», a expliqué le ministre français. «Le changement est toujours possible mais le malentendu non, si on est de bonne foi», a-t-il dit.
Ce désaccord laisse planer un doute sur le calendrier de la recapitalisation du secteur bancaire qui devrait commencer fin novembre. En pratique toutefois, le Mécanisme européen de stabilité «est prêt à fournir un financement au FROB», le fonds public chargé de la recapitalisation, selon son directeur général Klaus Regling. Un autre différend éloigne Paris de Berlin sur le champ et le calendrier d’une supervision bancaire centralisée, dont dépend aussi la recapitalisation des banques espagnoles.
Les deux capitales restent enfin éloignées quant à la manière d’aborder les réformes institutionnelles de la zone euro. Berlin veut resserrer encore l’étau en matière de réformes structurelles et de surveillance conjointe des politiques économiques, quand Pierre Moscovici appelle «à ne pas raisonner seulement en termes d’institutions déconnectées de la réalité mais que chaque pas soit accompagné de progrès effectifs pour les peuples». Paris veut maintenir sur l’agenda l’idée d’«émission de dettes communes». Jean-Claude Juncker, le président de l’eurogroupe, a admis que des «nuances» étaient remontées jusqu’à lui.
Par ailleurs, les ministres devraient pouvoir constater ce mardi la possibilité de relancer la préparation d’une taxe sur les transactions financières si, comme on s’y attend, le ministre des finances italien Vittorio Grilli ajoute sa signature à celle des huit autres pays déjà volontaires.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE relève ses taux d'un quart de point, une première depuis fin 2023
L'institution francfortoise a augmenté jeudi ses taux directeurs de 25 points de base. Le taux de rémunération des dépôts, le principal taux directeur de la BCE, passe ainsi à 2,25%, contre 2% jusque-là. -
Ryanair est dans le viseur de l’autorité britannique de la concurrence
Le régulateur ouvre une enquête concernant les frais facturés par la compagnie irlandaise pour permettre aux parents de s’asseoir aux côtés de leurs enfants. -
Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
Concrètement, les entreprises concernées sortaient déjà de ses solutions d’investissement en raison de controverses ESG majeures. La fondation suisse fustige les comportements de certains pétroliers, notamment TotalEnergies, Exxon Mobil ou BP. -
Les ingrédients naturels, terrain de chasse à tous les étages du capital investissement
Portée par la réglementation, l’urgence environnementale et l'exigence croissante de transparence des consommateurs, la demande d’ingrédients naturels attire les gérants, depuis le venture jusqu’au buyout. -
Airbus signe un partenariat avec la start-up française de défense Alta Ares
Le groupe aéronautique a annoncé, jeudi 11 juin, la signature d’un accord non contraignant avec à la start-up française spécialisée dans la lutte contre les drones, qui vient de lever 50 millions d’euros. -
Praemia REIM France nomme une directrice commerce, résidentiel et hôtellerie
Quelques semaines après avoir accueilli un nouveau directeur général et un nouveau directeur financier, la société de gestion poursuit sa réorganisation avec cette nomination au pôle immobilier.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreL'Europe de l'IA : il est temps d’exécuter à grande échelle
L'intelligence artificielle n'est plus une promesse. Elle est devenue une infrastructure stratégique de croissance, de compétitivité et de souveraineté -
L’Arcom met en demeure Radio France pour sous-représentation du RN
L'Arcom a annoncé ce jeudi mettre en demeure Radio France pour avoir « majoritairement » diffusé la nuit les interventions des représentants du Rassemblement national -
Le cercle des initiésLa finance italienne se met au football total
L'OPA d’Intesa Sanpaolo sur Monte dei Paschi met en ébullition le secteur bancaire italien, et au-delà. A Wall Street, si l'arrivée de SpaceX s'annonce triomphale, les lendemains pourraient déchanter.