Paris et Berlin tentent de faire front uni sur la recapitalisation des banques
Nicolas Sarkozy n’a pu que constater, dimanche à Berlin, l’isolement de la France en matière de soutien aux banques. Certes, «nous sommes déterminés à faire ce qu’il faut pour assurer le recapitalisation de nos banques», a assuré hier la chancelière allemande lors d’une conférence de presse commune avec le président français à Berlin.
Mais cette déclaration d’intention n’a pas été suivie de détails complémentaires, Angela Merkel se contentant de souligner que «l‘Allemagne et la France veulent que les mêmes critères soient appliqués, des critères acceptés par toutes les parties (...)». «Un plan complet pour la stabilisation de la zone euro» sera présenté d’ici la fin du mois. Il mettra notamment en musique un aménagement des traités dans le sens d’une meilleure coordination économique de la zone euro.
Les déclarations de Berlin et de Bruxelles ces derniers jours avaient fixé le cadre. La Commission s’est rangée du côté de l’Allemagne, qui souhaite une conditionnalité stricte du recours à l’EFSF, la Facilité européenne de stabilité financière, vue comme le dernier pare-feu pour les banques.
La Commission européenne devrait valider d’ici à mercredi une proposition d’action coordonnée pour renflouer les banques européennes. Objectif: aboutir à une décision lors du sommet des dirigeants européens à Bruxelles les 17 et 18 octobre. Cette proposition fixera un cadre juridique et des critères communs d’intervention pour soutenir les banques, dans le respect des règles de la concurrence. Elle présentera aussi un calendrier d’intervention.
Si une recapitalisation s’impose, les banques concernées devront d’abord tenter de lever du capital par leurs propres moyens. Un appel à des fonds publics ne pourra se faire qu’en deuxième lieu, a indiqué Bercy vendredi. Mais c’est sur les modalités de ce soutien public que les divergences ont émergé: Paris souhaitait un recours direct à l’EFSF pour ne pas jeter l’opprobre sur un secteur bancaire national, et surtout pour éviter une mise en cause du AAA de la France, qui affiche le ratio de dette sur PIB le plus élevé de la catégorie, à 86,2%. Or, tant à Bruxelles qu’à Berlin, on estime qu’il incombe d’abord aux Etats de renflouer leurs banques. Seuls ceux qui n’auraient pas les moyens de payer pourraient recourir à l’EFSF en ultime ressort. Angela Merkel a précisé vendredi que les Pays-Bas étaient sur la même ligne.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an. -
Federated Hermes s’adjoint un responsable des opportunités de crédit européennes
Il s’agit de Carlos Gross, un ancien d’Alcentra. -
PAI Partners et EQT cèdent World Freight Company à Brookfield
Le spécialiste français de la commercialisation de capacités de fret aérien change de mains sur la base d'une valorisation de 1,2 milliard de dollars, en retrait par rapport aux ambitions initiales d'au moins 1,5 milliard. -
Brookfield collecte 67 milliards de dollars depuis le début de l’année
Le gestionnaire alternatif canadien a également annoncé la fusion entre Brookfield Corporation et son activité d’assurance.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries