Paris et Berlin témoignent de leur cohésion à l’approche du Conseil européen
Opération front uni pour Paris et Berlin. A la veille d’un Conseil européen attendu de longue date, la chancelière allemande s’est rendue hier soir à Paris pour un dîner de travail.
Le couple franco-allemand a réaffirmé son appel à plus d’Europe. «Nous voulons l’un comme l’autre approfondir l’union économique, monétaire et, demain, politique pour arriver à une intégration et à une solidarité», a déclaré François Hollande, qui défend une démarche étape par étape. «L’intégration autant que nécessaire et la solidarité autant qu’il est possible», a-t-il soutenu.
«Il faut une Europe qui fonctionne», a renchéri Angela Merkel. «Les marchés attendent cela d’elle et il nous faut une Europe dont les membres s’entraident les uns les autres». Pour l’Allemagne, le prix de la mutualisation des risques est un partage de souveraineté et de contrôle. «Je crains que l’on ne parle trop au sommet de ces idées de responsabilité commune et pas assez de l’amélioration des systèmes de contrôle et des mesures structurelles», avait déclaré Angela Merkel plus tôt dans la journée au Bundestag. «Les euro-obligations, les eurobills et le fonds de remboursement ne sont pas seulement anticonstitutionnels en Allemagne, ils sont aussi économiquement erronés».
Ces réflexions sur les moyens de relancer la dynamique européenne accapareront les dirigeants européens aujourd’hui et demain à Bruxelles. Le rapport de travail transmis en début de semaine aux Vingt-Sept repose sur quatre piliers : union bancaire, union budgétaire, politique économique commune et renforcement de la légitimité des institutions. Certaines mesures, telles que la taxe sur les transactions financières, font désormais l’objet d’un relatif consensus.
Au pied du perron de l’Elysée, Angela Merkel a fait état de «progrès significatifs» en ce qui concerne le pacte pour la croissance. Les Vingt-Sept l’examineront ce soir à partir de 18 heures avant un dîner de travail consacré entre autres choses au rapport cosigné par le Conseil européen, la Commission européenne, l’Eurogroupe et la BCE. Et demain, à l’issue d’un déjeuner réunissant les Dix-Sept, Angela Merkel filera à Berlin pour assister à la ratification par les parlementaires allemandes du pacte budgétaire.
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