Paris et Berlin taclent Bruxelles sur la réforme du Fonds de stabilisation
Si le Portugal a passé hier le test des marchés, il n’est pas sûr que l’on puisse en dire autant des dirigeants de la zone euro. Alors qu'à Bruxelles, le président de la Commission José Manuel Barroso et son commissaire aux affaires économiques Olli Rehn lançaient le débat sur un renforcement de la Facilité de stabilisation de l’euro (EFSF), Paris et Berlin ont démenti la nécessité de réformer ce fonds public de 440 milliards d’euros.
«Nous consultons. Ce que l’on peut dire c’est que la capacité de financement doit être renforcée et le champ d’intervention élargi», a dit José Manuel Barroso à l’occasion d’une conférence de presse où il présentait les grandes lignes de la coordination des politiques économiques. C’est «un chantier en cours», ajoutant qu’un accord à Vingt-Sept était envisageable dès début février. Le matin même, Olli Rehn faisait les mêmes déclaration dans les colonnes du Financial Times.
L’idée n’est pas nouvelle. C’est même une demande insistante de la Banque centrale européenne qui souhaiterait voir l’EFSF prendre la relève pour le rachat ponctuel de dettes souveraines de pays en difficulté. Pour l’instant, ses statuts ne permettent à l’EFSF que de procéder au sauvetage intégral d’un Etat en le «débranchant» des marchés, comme cela a été fait pour l’Irlande. Par ailleurs, s’il dispose de 440 milliards d’euros de garantie, sa capacité de prêt réelle serait d’environ 250 milliards d’euros, ce qui est jugé insuffisant pour un sauvetage de l’Espagne, par exemple.
«Nous considérons que ce fonds est aujourd’hui suffisamment important pour répondre aux demandes formulées par tel ou tel pays», a cependant déclaré le porte-parole du gouvernement français François Baroin, à l’unisson avec Berlin. Des divergences entre partis de la coalition, formée des libéraux et chrétiens-démocrates et emmenée par Angela Merkel, pourraient expliquer cette retenue. Elles privent en tout cas à ce stade l’Allemagne d’une position sur le futur mécanisme pérenne dit Mécanisme de stabilisation de l’euro (ESM) après 2013, au sujet duquel les discussions reprennent la semaine prochaine au niveau technique.
Une source européenne a confirmé hier à L’Agefi que la Commission européenne réfléchissait dans ce cadre à abonder le mécanisme au moyen d’une taxe bancaire à hauteur de 50 milliards d’euros. Le but est de rendre le financement le plus indépendant possible du passage d’un participant du statut de contributeur à celui de bénéficiaire.
Plus d'articles du même thème
-
Berkshire Hathaway met un terme à l’augmentation continue de sa trésorerie
Le groupe cofondé par Warren Buffett a nettement accéléré le rythme de ses rachats d’actions et de ses investissements depuis le printemps dernier. -
Plus patrimoniale, l’assurance vie poursuit son irrésistible aristocratisation
La grande bascule de l’assurance vie vers la gestion patrimoniale s'accélère. Porté par des versements records au premier semestre 2026, le placement phare des épargnants accentue sa montée en gamme, tirée par une clientèle aisée en quête d'allocations plus sophistiquées. Après les années de démocratisation alimentée par les bancassureurs, cette tendance redessine en profondeur l'équilibre entre fonds euros et unités de compte. -
Les lignes bougent dans les projets éoliens aux Etats-Unis
Alors qu’un tribunal fédéral a ordonné à l’administration Trump de lever le gel afférent à l’examen de parcs terrestres, RWE se désengage à son tour de l’éolien en mer dans ce pays. -
Le pétrole reste suspendu aux incertitudes dans le détroit d’Ormuz
Les cours du brut sont repartis à la hausse alors que l’accord entre l’Iran et Oman n’assure pas une réouverture rapide du détroit. Le conflit s’étend désormais au Yémen et à l’Arabie saoudite. -
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
Contenu de nos partenaires
-
Sans filtrePrésidentielle : le RN face à ses maires francs-tireurs
A huit mois de la présidentielle, le RN cherche à gommer ses irritants. Mais ses nouveaux maires, eux, semblent avoir gagné une liberté qui pourrait bien compliquer la stratégie de Marine Le Pen au niveau national -
EditoGérald Darmanin, l’affaire Lyhanna et le boomerang
Le courrier explosif que le ministre de la Justice a adressé à Laurent Nuñez, énumérant les défaillances des services de police dans la prise en compte des violences sexuelles sur mineurs, pourrait bien se retourner contre lui -
Main dans la mainL'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont-ils créé une Otan du Moyen-Orient ?
Avec leur accord de défense mutuelle signé à La Mecque, les trois puissances veulent renforcer leur pouvoir de dissuasion