Paris et Berlin sont soumis à rude épreuve pour trouver un compromis
S&P indique que la France verrait sa note dégradée en cas de récession, alors qu’Angela Merkel fait face à une pression croissante du Bundestag
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Patrick Aussannaire
Divergences politiques, complexité des instruments de sortie de crise, pression des agences de notation et des dirigeants du reste du monde, tel est le contexte des négociations européennes. Paris et Berlin ont été contraints de reconnaître qu’aucune décision ne pourrait être prise dimanche. Un deuxième sommet est prévu mercredi, en plus de celui dimanche. Dans un entretien au Wall Street Journal, Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques, estime qu’une décision finale et crédible pourrait prendre des semaines. «Nous avons toujours des problèmes qui ont besoin d’une convergence de vue» précise-t-il.
Côté allemand, la chancelière doit faire face à une pression croissante du Bundestag. Selon le Financial Times, Angela Merkel aurait été contrainte de repasser devant le Parlement pour qu’il lui délivre un mandat pour les négociations qui se dérouleront samedi avec Nicolas Sarkozy. Le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, a été fait face hier à deux heures de questions au parlement durant lesquelles il a évoqué les moyens possibles de faire levier sur l’EFSF.
Côté français, la crédibilité du pays avait déjà été mise à mal en début de semaine par la mise en doute de la perspective de son «Aaa» par Moody’s. C’est aujourd’hui au tour de sa concurrente Standard & Poor’s de brandir la menace. L’agence indique que la France fait partie des pays, avec l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et le Portugal, qui pourraient voir leur note dégradée en cas de retour en récession. «Ces «stress scénarios» ne constituent pas nos hypothèses de base mais une simulation d’actions possibles si ces scénarii se réalisent» précise l’agence.
Cette étude coïncide justement avec la volonté affichée par Bruxelles de réguler les agences de notation. Les autorités européennes auraient ainsi le pouvoir de suspendre la publication de notations sur les pays en situation de défaut.
Et les scénarios possibles se multiplient (lire aussi page 2). BNP Paribas en a appelé, selon le Financial Times, à ce que l’EFSF puisse émettre des CDS destinés aux investisseurs dans les obligations souveraines italiennes et espagnoles. Souscrire à une protection contre le défaut permettrait ainsi au EFSF de calmer la spéculation sur le marché des CDS et d’apporter de la liquidité. Le rendement des obligations italiennes à 10 ans s’est tendue au-dessus des 6% et l’euro se maintenait à 1,3774 contre dollar hier.
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