Paris et Berlin promettent une étroite concertation sur le dossier EADS-BAE

François Hollande et Angela Merkel se sont rencontrés samedi. Au menu des discussions : le projet de fusion entre EADS et BAE et l’union bancaire
Antoine Duroyon

Samedi à Ludwigsburg (Bade-Wurtemberg), l’heure était à la conciliation, à l’occasion de la célébration d’un grand discours de réconciliation du général de Gaulle. Le président français et la chancelière allemande ont évoqué deux dossiers d’actualité épineux : le projet de fusion entre EADS et BAE Systems et l’union bancaire européenne. Sur le premier, ils sont convenus «d’examiner de façon très soigneuse les tenants et les aboutissants de ce projet en concertation avec les entreprises». Ils ont également promis «une concertation étroite» entre les deux pays.

Les deux dirigeants se sont bien gardés d’aller plus loin, indiquant qu’aucune décision n’avait été prise, François Hollande soulignant que le projet de fusion émanait d’une «volonté d’entreprise». Interrogé sur les conditions posées par les deux pays pour ce rapprochement, le chef de l’Etat français a cité «l’emploi, la stratégie industrielle, les activités de défense, les intérêts de nos Etats respectifs». La France détient 15% du capital d’EADS, tandis que Berlin ne figure pas directement au capital. L’Allemagne portait un projet visant à associer la banque publique KfW mais celui-ci pourrait être remis en cause par le projet de fusion.

Selon Der Spiegel, Tom Enders, président exécutif d’EADS, a proposé à Daimler de sortir partiellement du capital via une émission d’obligations convertibles. Le constructeur pourrait émettre de tels titres représentant 7,5% des actions EADS. Il ne s’agirait toutefois, de l’avis d’EADS, que d’une option parmi d’autres. Par ailleurs, d’après le Sunday Times, les deux groupes ont promis d’isoler leur filiale aux Etats-Unis, avec une large majorité d’administrateurs américains, en échange d’un feu vert de Washington.

En ce qui concerne le deuxième dossier à l’ordre du jour, celui de l’union bancaire, François Hollande et Angela Merkel ont seulement pu étaler au grand jour leurs divergences. «Je suis pour l’union bancaire. (...) Nous pouvons le faire par stades successifs, et le plus tôt sera le mieux», a estimé François Hollande. Côté allemand, l’enthousiasme n'était pas au rendez-vous. «Pour nous, ce qui est important, c’est que la qualité soit assurée (...) Cela ne sert à rien de faire quelque chose trop vite, qui ne fonctionne pas», a prévenu Angela Merkel.

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