Paris compte établir mi-2015 son système de paiement en renminbi
Paris fait les yeux doux à la Chine. A l’occasion du deuxième Forum financier Shanghai / Paris qui se tient aujourd’hui dans la métropole chinoise, la Fédération bancaire française (FBF) et l’association Paris Europlace devaient annoncer ce matin des avancées dans la mise en œuvre d’une plate-forme de paiement en renminbi dans la capitale française. Un steering committee vient d’être constitué autour de Bank of China, rassemblant les banques françaises, parmi lesquelles BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole et HSBC France. L’objectif est de doter Paris d’ici à la fin du premier semestre 2015 d’une plate-forme de règlement en temps réel en renminbi.
Ce projet, coordonné par la Banque de France et Paris Europlace, prolonge les annonces récentes des autorités de Pékin. Le 15 septembre, la banque centrale chinoise a nommé Bank of China comme banque de règlement du renminbi offshore à Paris. Depuis le 30 septembre, l’euro est en outre traité directement contre le yuan sur le marché des changes. Six banques européennes ont été désignées comme teneurs de marché: BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole, HSBC, Deutsche Bank et ING.
La place de Paris se pose en concurrente, pour le change offshore euro/renminbi, de Francfort et du Luxembourg, où Pékin a désigné aussi des banques de règlement. Les transactions entre la France et la Chine (Hong Kong inclus) étaient libellées à 44% en devise chinoise, selon les statistiques de Swift, contre 20% il y a deux ans. Cette proportion tombe à 40% au Royaume-Uni, 23% au Luxembourg et 19% en Allemagne. Les promoteurs du projet espèrent aussi traiter en France le règlement des transactions entre l’Afrique, située dans le même fuseau horaire, et la Chine.
Pour asseoir sa prééminence, la place de Paris met en avant sa démarche collective. «Une société de place est en cours de création», qui «sera ouverte à l’ensemble des établissements français et européens», souligne un communiqué de la FBF et de Paris Europlace. Le projet s’inscrit dans le cadre plus large du renforcement des liens commerciaux et financiers entre les deux pays, à l’heure où la Chine devient exportatrice nette de capitaux. Mi-septembre, BNP Paribas IP et Carmignac ont été les premiers établissements institutionnels en France à se voir accorder un quota RQFII de 80 milliards de yuans pour réaliser des investissements en Chine.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Cocktail explosifMégafeux : pourquoi ce n'est que le début
« Orage de feu » jamais vu, record d'évacuations, trentaine de foyers actifs simultanément : ce pire épisode d'incendies que le pays ait connu depuis 1949 illustre ce que les climatologues annoncent depuis des années -
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs