Or, réserves et mode d’emploi
Alors que la solvabilité de certaines dettes souveraines pose question et que leur monétisation par les banques centrales (leur détention croissante à l’actif) affecte la qualité intrinsèque des monnaies, certains investisseurs se demandent aujourd’hui de quelles réserves en or les banques centrales disposent, et sous quels termes elles en ont la disponibilité exclusive.
Rapportées à la taille de leur bilan, les banques centrales aujourd’hui les mieux dotées en or sont, par ordre décroissant, la Banca d’Italia, la BNS, la Bundesbank, la Fed et la Banque de France. Chez elles, l’or oscille entre 25% et 15% de l’actif total. Les moins bien dotées en revanche sont la BoJ, la BoE et la PBoC: l’or représente moins de 4% du bilan de la Banque d’Angleterre, 2,6% pour la Banque du Japon, 1,3% pour la Chine. Toutefois, cette dernière accumule très rapidement des réserves d’or (+500 tonnes depuis la faillite de Lehman), à l’image d’autres grands émergents comme l’Inde et la Russie (mais pas le Brésil). L’or a beau avoir perdu la place centrale qu’il occupait dans le système de Bretton Woods, on observe des similitudes entre les Bric aujourd’hui et l’Europe de l’Ouest ruinée d’après la seconde guerre mondiale: un développement économique rapide s’accompagne d’une accumulation de réserves d’or afin de crédibiliser sa monnaie.
Les réserves d’or sont certes détenues par les banques centrales mais leur utilisation est dépendante du pouvoir politique. En cas d’indépendance de la première, des tensions peuvent survenir sur la stratégie à adopter. D’autant qu’il est courant de vendre de l’or pour consolider les finances publiques. Dans le cas particulier de l’Eurosystème, les produits de cession tirés de la vente d’or doivent être affectés à la banque centrale qui l’a réalisée et ne peuvent donc pas être perçus directement par l’Etat. Cependant, ce dernier reçoit indirectement la somme tirée de la vente en tant que premier actionnaire de la banque centrale de son pays.
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