«On ne peut pas exclure un geste de la BCE»
- L’Agefi : Que pourrait faire la BCE si la situation dans la zone euro continuait à se dégrader ?
- Olivier de Larouzière : Sur le plan conjoncturel, l’amélioration des enquêtes semble en contradiction avec les données réelles. Les chiffres du quatrième trimestre 2012 montrent une forte contraction de l’activité en zone euro. De plus, l’atonie du crédit bancaire au secteur privé, toujours en baisse de 0,7% sur un an, laisse entière la question de la transmission de la politique monétaire. Par ailleurs, la BCE a donné les montants de remboursement des banques à la première opération de LTRO de décembre 2011, et nous attendons ceux de la seconde à 3 ans qui avait concerné 800 banques, notamment dans les pays du sud de l’Europe. On ne peut donc exclure un geste de la BCE, baisse du taux directeur à 0,50%, motivé par ces données, par une inflation qui reste faible et une baisse de l’excès de liquidité.
- Comment voyez-vous évoluer les marchés obligataires européens à moyen et à plus long terme ?
- Les données d’activité justifient une poursuite de la politique de taux bas. Les données de consensus (sous-exposition des investisseurs sur la zone euro) et la pente de la courbe des taux, historiquement importante, protègent le marché obligataire d’une forte remontée des taux. La recherche de rendement s’est portée sur le crédit en 2012 et offre peu de potentiel supplémentaire. Les flux devraient se poursuivre sur les obligations avec une préférence pour la liquidité (France, Italie, Allemagne) ou pour le rendement (crédit, Espagne). Les élections italiennes et allemandes pourraient générer de la volatilité et des opportunités d’investissement. Par la suite, la normalisation de la crise souveraine et les perspectives de reprise entraîneront une remontée des taux courts plus rapide que celle des taux longs.
{"title":"","image":"79360»,"legend":"panel taux»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La Fed passe son tour, Jerome Powell aussi
La Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés mais conserve un « biais accommodant ». Jerome Powell restera gouverneur de l'institution pour une durée indéterminée à la fin de son mandat de président. -
Les prix du gaz naturel européen redeviennent une préoccupation
Les cours de l’énergie ont à nouveau bondi mercredi après des informations selon lesquelles le président Donald Trump aurait demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus prolongé de l’Iran. Un décalage d’un mois ne serait pas dramatique pour les prix du gaz européen. Un décalage de deux mois pourrait en revanche changer le calendrier de reconstitution des stocks, et causer un cercle vicieux pouvant ramener les cours TTF au-dessus de 100 euros/MWh. -
L'érosion des frais d'investissement s'accentue
Selon l’Autorité des marchés financiers, les coûts des placements poursuivent leur repli en 2025. Une dynamique portée par la gestion indicielle et la montée des acteurs à bas coût. -
Michelin confirme ses objectifs 2026
En dépit de facturations en recul au 31 mars, pénalisées par les changes, le fabricant de pneumatiques anticipe toujours une génération de cash-flow libre avant acquisitions supérieure à 1,6 milliard d'euros en 2026. -
Le Parlement change de braquet contre la fraude fiscale
Un accord trouvé en commission mixte paritaire ouvre la voie à un arsenal renforcé contre la fraude fiscale, et élargit les obligations déclaratives en matière de lutte anti-blanchiment à de nouveaux acteurs. -
Bitstack veut devenir le compte principal de ses clients
La fintech française, spécialisée dans l’épargne en bitcoin, veut offrir à ses clients dans les prochains mois un compte en euros avec un IBAN français. Elle a levé 15 millions de dollars en décembre dernier.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Action-réactionCéline Calvez (EPR) : « L’audiovisuel public sera une problématique incontournable de la prochaine présidentielle »
La députée macroniste, vice-présidente de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, revient sur le rapport de Charles Alloncle et dévoile la contribution que va déposer son groupe -
Fait minoritairePrésidentielle : les candidats s'inquiètent déjà de leur future majorité
Dans un entretien à l'AFP, Marine Le Pen estime qu'il serait préférable de gagner face à Edouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon, pour revendiquer une victoire de choix et non de rejet. Une façon de jouer l'apaisement alors que certains craignent de ne pas disposer d'une majorité pour gouverner -
Vieille lune« Démarchandisation » : Boris Vallaud, marchand de rêves
Le rival d'Olivier Faure au PS, Boris Vallaud, tente de renouveler les idées de la gauche. Son concept de « démarchandisation » passe à côté de nombreux problèmes économiques et sociaux de la France